Chronique
Les Arpenteurs de rêves, Tome 1 : Chimère Captive
 Roman  Aventure   Fantasy   Adolescents 
Fraîchement débarquée à Lyon pour ses études, Céleste regrette le climat d’outre-mer et la vie avec son père. Mais les choses commencent à changer le jour où elle découvre qu’elle peut naviguer dans les rêves des autres et les modifier, à l’instar de ses nouveaux colocataires.
Si vous pouviez changer les rêves d’autrui, le feriez-vous ? Si vous découvriez un songe qui n’appartient à personne, le visiteriez-vous ? Et comment réagiriez-vous si vous viviez tout cela… dans la peau d’un gros labrador ?
, 16-08-2016 176 pages / 14 €

Céleste vient de quitter la ville de Port-Au-Riche pour rejoindre Lyon où elle compte entamer des études de droit. Elle y retrouve sa mère et sa sœur, déjà installée dans la métropole, mais souhaite avoir une certaine indépendance. Avec l’aide de Keo, un ami d’enfance, elle trouve une colocation avec deux jeunes hommes : Val et Mano. Ces trois là sont faits pour s’entendre puisqu’ils possèdent le même pouvoir : celui d’arpenter les rêves.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire ce roman c’est « déroutant ». Dès le début, Mathieu Rivero nous plonge dans le quotidien de personnes pour qui la magie est une chose commune. Les personnages semblent pourtant la cacher au monde et aux gens normaux, mais je remarque après coup que ces derniers n’apparaissent jamais dans l’histoire. Cela crée un drôle de contraste et un sentiment d’intangibilité très étrange. D’autant plus que la ville dans laquelle Céleste vivait auparavant est imaginaire (Port-Au-Riche n’existe pas, c’est peut-être une sorte de Port-au-Prince.) Le lecteur est alors face à une forme d’incertitude : sommes-nous dans le monde réel tel que nous le connaissons ou un autre univers ? La réponse à cette question ne vient jamais, me laissant penser à un entre-deux.

On suit donc Val, Mano, Céleste et Keo, quatre copains plongés dans le le monde de la magie. Les trois premiers possèdent un pouvoir singulier : ils peuvent voyager dans les rêves, les leurs et ceux des autres. La lucidité qu’ils gardent au sein même de leurs songes leur permet également de modifier à leurs guises leur apparence, les évènements, ou tout élément à leur portée.
Keo, quant à lui, est un simple humain sans pouvoir, il ne trouve réellement sa place que dans la seconde moitié de l’histoire.

J’ai eu un gros problème avec les quatre héros. Je leur ai remarqué un drôle de détachement. Le fait qu’ils ne semblent pas ancrés dans le monde réel est une chose, ça en devient presque logique, mais leur attitude les uns avec les autres tient parfois de l’inconscience voire de la bêtise. Malgré leurs liens apparents, Val, Mano, Céleste et Keo ne semblent pas avoir de considération leurs amis. C’est en tout cas le cas des trois arpenteurs de rêves, Keo faisant un peu exception dans ce cas. Pire encore, ce détachement les rend fades, inconsistants et incohérents. Je n’ai vu en eux que des coquilles vides et je n’ai donc pas pu les apprécier en raison de ce manque d’émotions. Je dois même avouer qu’ils m’ont parfois un peu agacée, en particulier Céleste qui semble être par ailleurs le nœud principal du récit.

Pourtant, l’histoire s’avérait prometteuse. Nos héros tentent de rejoindre le grand songe et de découvrir cette part des rêves dont un membre de la société d’Occultisme de Lyon a parlé à Céleste.
La première partie du roman est un peu longue, mais dès qu’on entre dans le vif du sujet, les choses s’accélèrent et deviennent intéressantes.
L’écriture de Mathieu Rivero est très agréable à lire, c’est fluide, les descriptions sont bien gérées. Bref, c’est pour moi le gros point positif et ça me donne envie de découvrir son roman de fantasy : Or et Nuit.

Mais revenons-en à nos moutons (et je ne fais pas là référence à l’équipe éditoriale). L’autre point original, c’est que le récit se déroule à Lyon. C’est assez rare, trop rare à mon goût dans la littérature qui fait plus souvent la part belle à Paris qu’à la « province ». Je mets d’ailleurs ce mot entre guillemets, car je le trouve très hautain, comme si les non-Parisiens étaient des bouseux.

Malgré tout, je reste déçue par cette histoire trop floue et manquant un peu de profondeur. Je regrette également que le déroulé soit un peu décousu, ce qui a fait que je me suis parfois perdue dans ces quelque 176 pages. Quant à la fin, elle m’a laissée franchement dubitative.

Je ressors de ma lecture avec un goût d’inachevé et d’irréel assez étrange. Si le but de l’auteur était de me faire vivre une expérience que je qualifierai d’onirique, alors le pari est réussi.

En Bref :Ce premier volet de la série Arpenteurs de Rêves m’a semblé inabouti. Je n’ai pas réussi à m’accrocher aux personnages et je me suis parfois perdue dans l’histoire un peu chaotique et confuse. Je retiens malgré tout la magnifique plume de Mathieu Rivero qui donne envie de découvrir autre chose.
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©Chronique écrite par , le 17-11-2016

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