Chronique
Autopsie, Tome 1 : Whitechapel
 Roman  Horreur   Policier   Thriller   Adolescents 
1888 – Est de Londres – Depuis quelques temps, des meurtres sanglants et horribles touchent les femmes de petite vertu de Whitechapel. Audrey-Rose, une jeune fille de bonne famille, n’entend pas suivre les règles de la haute société et passe le plus clair de son temps au laboratoire de son oncle, médecin légiste. Elle va rapidement se retrouver au coeur de l’enquête sur un certain Jack l’éventreur. Et si le meurtrier faisait parti de son entourage ?
, 18-01-2017 350 pages / 15.9 €

Audrey Rose Wadsworth est une jeune aristocrate de 17 ans qui vit avec son frère et son père accro à l’opium depuis la mort de sa mère. Mais sous ses airs de fille de bonne famille, Audrey Rose cache une fascination pour la médecine légale qu’elle pratique en secret avec son oncle Jonathan. Le 31 août 1888, un meurtre atroce secoue le quartier de Whitechapel et le corps d’une prostituée : Mary Ann Nichols est découvert. Audrey Rose procède à un examen du cadavre avec son oncle et Thomas Cresswell, un étudiant brillant. Assoifée de vérité, la jeune fille se lance dans une enquête effrénée pour attraper celui qu’on surnomme « Tablier de cuir » et qui ne tardera pas à devenir le tristement célèbre Jack L’Éventreur.

J’ai depuis longtemps une étrange passion pour l’affaire « Jack l’Éventreur » qui secoua Londres en 1888. Si les scientifiques et les divers passionnés tentent toujours de résoudre cette énigme, rien n’a jamais été prouvé et les théories sont nombreuses concernant le tueur mythique, allant du fils de la reine en personne à l’immigré polonais sans le sou.

Kerri Maniscalco nous livre donc ici une version romancée de l’histoire, prenant d’ailleurs quelques libertés avec la réalité et les dates. On pardonne bien vite cet écart grâce à l’héroïne : une femme forte aux idées très en avance sur son temps. Audrey Rose n’a ni peur de disséquer des cadavres ni des regards moralisateurs qui se portent sur elle. Jugée comme une faible créature sans cervelle, elle se libère des carcans trop étroits et a une vraie vision critique sur la place allouée aux autres femmes dans la société. Celles qui sont bien nées doivent se contenter d’une attitude décorative tandis que celles des bas fonds sont réduites à vendre leurs charmes pour pouvoir espérer dormir sous un toit.
Audrey Rose prouve à maintes reprises son intelligence et aura autant de sang froid qu’un homme dans diverses situations. La critique sociétaire qu’elle fait du travail des hommes et des femmes est d’ailleurs transposable à notre époque, et ça a parfois un petit côté effrayant.

Les personnages secondaires sont par ailleurs essentiellement masculins. Deux femmes seulement côtoient Audrey Rose : la tante Amelia qui souhaite remettre sa nièce sur le droit chemin et Liza, la cousine qui suit les codes de bonne conduite, mais s’arrange également pour les détourner avec malice.
L’adjuvant principal de notre héroïne sera toutefois Thomas, un jeune homme aussi horripilant que séduisant, mais qui n’aura pas su se rendre attachant à mes yeux.

On pénètre bien dans le Londres glauque, malodorant et brumeux du XIXe siècle. Certaines descriptions pourront même arracher quelques frissons aux plus impressionnables. Pourtant, Autopsie s’avère souffrir d’un énorme défaut qui a beaucoup gâché ma lecture : ce roman est trop prévisible. Au point que j’avais absolument tout deviné au bout de 30 pages (littéralement) et que rien ne m’a jamais fait douter de l’identité du tueur, jusqu’à un final qui m’a tout confirmé. Autant dire que ma lecture a été terriblement entachée. À vouloir trop donner d’indices, l’auteur nous livre finalement les clés de son intrigue et on se demande comment Audrey Rose peut être aveugle à ce point.
Le récit est pourtant fluide et les pages se tournent rapidement, mais le manque de suspens gâche le plaisir de lecture et permet seulement de passer un moment sympathique sans plus. Je lirai tout de même certainement le second tome car l’auteur a su me donner envie de continuer l’aventure auprès de son héroïne hors du commun.

En Bref :Malgré une héroïne intéressante, une belle fluidité de lecture et une base passionnante, Autopsie ne rend pas justice au mythe de Jack l’Éventreur à cause d’une révélation finale trop prévisible. En effet, les plus attentifs devineront tout dans les premières pages et n’auront donc aucun vrai suspens au cours de l’enquête.
3 / 5 3 / 5
©Chronique écrite par , le 07-02-2017

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PleiadesLe Chat du CheshireSaefiellacavernedhaifaCarole Recent comment authors
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Pleiades

Je suis en train de le finir et comme toi j’ai eu un petit sentiment de frustration vis à vis de l’évidence du tueur… L’auteur tente de semer des pistes contradictoire mais les indices sont tellement gros que rien ne nous empêche de tout deviner. Dommage car sa plume est excellente ^^,

Le Chat du Cheshire

On parle de Jack L’Éventreur ? J’arrive !

lacavernedhaifa

Ce roman m’a fait de l’œil lors d’une de mes balades à la librairie. Je suis contente d’avoir lu ton avis. Une très belle chronique soit dit en passant. J’espère lire ce roman un jour, peut-être en période d’Halloween, mais cela ne fera pas partie de mes priorités.

Carole
Carole

Bonsoir Saefiel,
Moi aussi je trouve l’affaire Jack l’Eventreur bien mystérieuse! En tous cas, je dois dire que même si j’aime être surprise par la fin d’un livre, une lecture peut aussi être plaisante du moment qu’elle apporte autre chose: bien être, douceur, qualité des personnages etc… Par contre, une lecture prévisible mais sans point fort est plus décevante.
Belle soirée
Carole.

Marianne
Marianne

Bien dommage que tu ai trouvé le vrai meurtrier rapidement… Car en effet, l’intrigue a l’air intéressante.