Chronique
Brexit Romance
 Roman  Contemporain   Adolescents   Adultes 
Juillet 2017 : un an que « Brexit means Brexit » !

Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev.

Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen.

Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau – et au coeur !
, 22-08-2018 456 pages / 17 €

En juillet 2017, cela fait déjà un an que le Brexit a été voté et les Anglais s’apprêtent à sortir de l’union européenne. Pour circuler librement et travailler partout dans l’UE, il faudra bientôt un passeport Européen. Ce dernier s’obtient via plusieurs solutions, dont le mariage. Et quand Justine Dodgson lance cette idée un peu folle de mariages blancs entre Anglais et Français, tout s’accélère rapidement. Elle devient la créatrice d’une start-up : Brexit Romance, qui œuvre sous couvert à trouver les matchs parfaits de Français et Anglais intéressés par l’entreprise.
C’est le hasard, et peut-être une touche de destin, qui vient mettre Marguerite, jeune chanteuse d’Opéra, et Pierre Kamenev, son professeur de chant, sur le chemin de Justine et son entreprise.

Chaque roman de Clémentine Beauvais est une surprise ! Comme des images percute par la force de ses émotions, Les petites reines est tendre et drôle, Songe à la douceur nous plonge dans une histoire d’amour ou l’autrice manie la langue avec brio. Brexit Romance est presque un melting pot de tout ça avec ses moments touchants, ceux qui font rire aux éclats, sa réflexion sur l’amour et cette sublime utilisation de l’anglais et du français. Clémentine Beauvais joue sur les mots et nous offre de subtiles tournures de phrases dans un français anglicisé à merveille.

Elle note aussi les différences culturelles, la timidité presque maladive des Anglais qui s’entrechoque avec le franc-parler brut de décoffrage des Français – enfin… surtout celui de Pierre. Ayant un cousin marié à une Anglaise, j’ai d’autant plus ris des multiples situations et incompréhensions. C’est d’une justesse incroyable, si humaine et si belle que c’en devient parfois troublant.

Clémentine Beauvais nous transmet ici magnifiquement bien son amour pour la culture anglais et pour la langue. Elle le fait à travers des personnages hauts en couleur pastel – les Anglais adorent les couleurs pastel.
Il y a d’un côté les Français : Marguerite, 17 ans, jeune chanteuse orpheline transportée par la fougue et la passion. Elle imagine l’Angleterre à l’image des romans de Jane Austen ou des sœurs Brontë : les prairies, les manoirs et la dignité des lords anglais. Elle va se retrouver embarquée dans une histoire qui n’aura finalement rien à envoyer à Raison et Sentiments, si ce n’est qu’il y a moins de landes bercées par le vent.
 Marguerite est accompagnée par Pierre, un type un peu taciturne et très de gauche (politiquement parlant) qui n’a pas sa langue dans sa poche et aimerait bien ne pas tarder trop longtemps à Londres.
Et puis il y a Cannelle, qui elle, est venue pour se marier via Brexit Romance.

De l’autre côté, on trouve la pétillante Justine, son frère Matt, leur amie Siamh et Cosmo Carraway, un lord anglais tout ce qu’il y a de plus aristocrate et dont la famille est plutôt très de droite.
Les connexions qui se lient entre eux, les divers échanges que l’on découvre, font qu’on finit par – presque – tous les apprécier. À défaut, les comprendre.

Mais Clémentine Beauvais ne s’arrête pas là, elle dresse aussi avec ce roman un portrait très juste de la génération Y. Ces presque trentenaires désenchantés qui tentent tant bien que mal de s’en sortir et de s’accrocher à leurs convictions. Et comme tout le reste, c’est fait avec brio.
À cela s’ajoute une intrigue vitaminée, ponctuée de dialogues rythmés et vivants. On ne s’arrête finalement que pour admirer les descriptions pleines de vie et bigrement belles de l’autrice ou noter quelques citations.

En Bref :Lisez-le ! De préférence avec une tasse de thé à la main, quelques scones dans une assiette bleu pastel et un air d’opéra dans les oreilles. Brexit romance, c’est le roman bien écrit, humain, émouvant et virevoltant qu’il vous faut lire sans tarder.
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 24-08-2018

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