Chronique
Carnet de Routes
 Roman  Contemporain   Fantastique   Adolescents 
Une étudiante en architecture, une youtubeuse, un jeune homme trop tranquille nommé Marco, un moniteur d'auto-école et un professeur d'université... Cinq personnages aux destins dissemblables vont former un groupe hétéroclite et fantasque à la faveur du permis de conduire.
Tandis que trois générations se mêlent et s'apprivoisent, une camaraderie surprenante grandit entre les candidats ; chacun va se livrer aux autres bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Le passé, les doutes, les regrets, les espérances s'invitent dans l'habitacle de la voiture à doubles commandes.

Leurs différences les poussent à reconsidérer leurs choix et les horizons qu'ils s'étaient fixés. Et le danger de ressortir de l'expérience juste un peu plus perdu qu'avant est bien réel... Mais voici que surgit l'extraordinaire et que s'offre à eux un chemin bien éloigné des codes et des panneaux de signalisation.
, 03-11-2016 263 pages / 18 €

Ils sont cinq. Cinq individus aux destins, âges et passés différents qui se réunissent autour d’un but commun : le permis de conduire. Ils ne se connaissent pas, ne se sont jamais croisés, et pourtant il existe un lien entre eux, une sorte de connexion. En effet, alors qu’un événement déterminait la vie de l’un, un autre voyait le jour.

Après avoir lu #EnjoyMarie de la jeune et renommée Marie Lopez (alias Enjoy Phoenix sur internet), j’étais plutôt dubitative en découvrant cette nouveauté. Je disais même à la fin de ma chronique de son livre témoignage que j’espérais que les potentiels futurs romans resteraient « enfouis à jamais ». Il faut croire que j’aime l’idée de me faire du mal puisque la première chose que j’ai fait quand Carnet de Routes est sorti, c’est en emprunter un sur la pile du travail.

Et là, je dois bien l’avouer, la surprise est totale puisque j’ai trouvé ça plutôt sympathique. Exit les (mauvais) conseils pour adolescents, Marie Lopez s’essaye ici au roman. Il y a donc une intrigue, un début, une fin et aucune digression sur ses boissons favorites.

On y découvre cinq personnages très éloignés les uns des autres : Antoine, moniteur d’auto-école à Lyon et fraîchement divorcé, Gaspard l’ancien professeur d’université, Éléonore, qui vient de vivre une rupture amoureuse, le mystérieux Marco et Charlie, jeune YouTubeuse. Autant de personnages, c’est un pari ambitieux en si peu de pages, et il est à moitié tenu.

J’ai trouvé les deux filles touchantes et leur caractère est bien développé. Leurs émotions nous sont retransmises avec force. Il me paraît évident que l’auteur a mis beaucoup d’elle même en Charlie et Éléonore. Une partie de sa vie privée semble transparaître notamment en Charlie qui est clairement son avatar. Marie Lopez nous offre donc à travers elle une réflexion sur elle-même, la célébrité, l’amour et ses expériences qui m’a émue.
Quant à Éléonore, elle nous transporte du côté de la rupture amoureuse et sa douleur est palpable.
En revanche, Antoine et Gaspard m’ont parus plus décrits que vivants. Ce qui appartient de leurs vies privées est assez froid et distant, ne donnant pas envie d’aller vraiment plus loin avec eux. On s’intéresse à leurs passés, mais les sentiments étant moins perceptibles, c’est moins évident de s’y attacher. Enfin, Marco est limite inexistant, je n’ai rien de particulier à dire sur lui.

On navigue donc entre ces personnages de manière parfois un peu brusque. Les retours en arrière par exemple ont eu tendance à me perdre. Il m’a également fallu un petit temps d’adaptation pour bien situer qui était qui, surtout au niveau des garçons. Comme je l’ai dit : cinq personnages en 260 pages, c’est ambitieux, peut-être un peu trop.

L’histoire se révèle finalement assez plate. Les pages se tournent toutes seules, mais on reste dans l’attente de quelque chose de plus. La touche de fantastique ne m’a pas convaincue apparaissant presque comme un cheveu sur la soupe pour justifier une fin un poil abrupte.
Marie Lopez nous offre toutefois une jolie réflexion sur la vie tout en livrant un peu d’elle-même. Cet aspect du roman est réussi et plusieurs passages sont émouvants. Elle nous fait aussi part de son amour pour sa ville natale : Lyon, dans laquelle se situe son intrigue, ainsi que pour l’Inde, un pays qu’elle a visité récemment.

Malheureusement, Marie Lopez garde un gros problème de style d’écriture. Ce dernier est poussif et surchargé d’une cascade d’adjectifs inutiles. Les descriptions m’ont également un peu ennuyée et je ne les ai pas toujours trouvé pertinentes. Je ne crois pas qu’on ait besoin de tout décrire pour permettre au lecteur de visualiser l’espace. Sa plume garde donc un aspect brouillon (notamment dans la construction de l’histoire) tout en étant presque trop travaillée et réfléchie. Ça manque de fluidité alors qu’il aurait parfois suffi de tournures de phrases plus simples.

Cela reste un premier roman agréable à lire même si je ne suis pas sûre qu’il me marquera pendant longtemps.

Enfin, et là c’est une remarque que j’adresse plutôt à l’éditeur, je trouve que le prix du livre est un peu abusé. Dix-huit euros pour 260 pages dans une édition classique, c’est à mon avis prendre les gens pour des jambons…

En Bref :Carnet de routes est donc un premier roman moyennement réussi à cause d’une histoire brouillonne et d’un style un peu naïf. Le niveau remonte grâce à quelques passages émouvants et deux personnages féminins intéressants. Au final, ce fut une lecture mignonne sans plus, mais je remarque les efforts de Marie Lopez et je ne peux que l’encourager dans cette voie si ça lui plaît (ce qui explique aussi ma note au dessus de la moyenne).
3 / 5 3 / 5
©Chronique écrite par , le 14-11-2016

6
Poster un Commentaire

avatar
6 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
6 Comment authors
JulielheuredelireXiouxiouCranberriesArlénone Recent comment authors
plus récents plus anciens plus de votes
Julie

Tout les moyens sons bons pour rentrer plus d’argent… Youtubeuse connue qui se lance dans l’écriture, et dont le prix est exorbitant pour ce que c’est… 18 euros pour 260 pages ?! Non merci 😛

lheuredelire

Tant mieux si ça a été une bonne surprise ! 🙂 je l’emprunterais peut-être à l’occasion ..

Xiouxiou

Au moins il est pas aussi mauvais que le précédent c’est déjà ça 🙂 Mais ta chronique m’a quand même convaincue de ne pas le lire. Il y a tellement de livres qui valent le détour. Et pour ce qui est du prix, je suis entièrement d’accord avec toi, et en plus on peut même pas dire que ça vaut le prix parce que la couverture est à tomber …

Cranberries

J’ai récemment vu passer ce livre sur la blogo, et je pense l’acheter pour la bibliothèque (c’est limite une obligation vu que je gère le rayon ado ^^) mais je ne pensais pas me pencher dessus et ton avis me confirme que ça ne vaut pas la peine. Ce que tu dis des descriptions n’est pas pour me rassurer, moi qui n’en suis absolument pas friande. Je passe donc mon tour (et c’est plutôt une bonne décision, vu la taille… Read more »

Arlénone

Tiens, je l’ai vu tout à l’heure en librairie!
J’étais sceptique en le feuilletant, car du peu que j’en ai aperçu de son précédent livre, je suis plutôt méfiante.
Mais après ta chronique, je me laisserais peut-être tenter. ^^’

(J’ai aussi buguer sur le prix… Les YouTubeurs semblent vendeurs quand ils veulent se mettre à l’écrit, apparemment..
D’ailleurs, le seul qui m’a un peu convaincue, c’est le Rire Jaune et son manga. C’est mignon, drôle et sympa. Si ça te dit de tenter! ^^)