Chronique
 Bande-dessinée  Contemporain   Manga   Adultes 
Shigeji, jeune charpentier, perd ses parents et l’entreprise familiale, «Daitomé», dans un incendie. Se rappelant les paroles de son père, « uelle que soit l’époque dans laquelle on vit, ce qui est important, c’est l’humanité et la volonté», il fait le serment de reconstruire Daitomé.
Mais son retour à la maison natale s’accompagne de l’arrivée de Ritsu, amie d’enfance devenue orpheline et qu’il embauche comme assistante, et de cinq garnements au caractère bien trempé échappés d’un orphelinat. La cohabitation va faire des étincelles.
, 02-10-2015 208 pages / 15 €

Série terminée

Shigeji vient de perdre ses parents dans un terrible incendie et récupère de ce fait le leadership de l’entreprise familiale de charpenterie : Daitomé. Lorsqu’il revient chez lui, il embauche Ritsu, une amie d’enfance dont la mère est décédée récemment. Elle sera son assistante en charge du bien-être des deux apprentis et de cinq enfants dont elle s’occupait avant que l’incendie du quartier ne ravage l’orphelinat. Commence ainsi une drôle de cohabitation où les non dits seront au cœur des préoccupations de chacun.

Chiisakobe_I2-e1486818249369 Chiisakobé, Tome 1 à 4Récompensée par le Fauve d’Angoulême 2017 de la meilleure série, Chiisakobé est un manga déroutant, lui de ce que je lis habituellement. Adaptée d’un roman de Shûgorô Yamamoto qui se déroule durant la période Edo (Japon médiéval), l’histoire est transposée de nos jours par Minetarô Mochiyuki. Et je dois bien avouer que ce récit m’a complètement laissée de marbre malgré l’immense travail du mangaka.

En effet, on remarque rapidement les expressions et les nombreux tics des personnages. Ritsu fronce les sourcils, se tord les mains, pince les lèvres, tandis que Shigeki l’observe derrière sa barbe et ses longs cheveux. Ces deux personnages se parlent, mais ne savent pas se dire l’essentiel, restant toujours dans une réserve typiquement japonaise. Les émotions passent donc dans les gestes qui trahissent une réelle fragilité psychologique.
Toute l’histoire repose sur des non-dits et cette incapacité de communiquer qui paralyse nos deux protagonistes. À cela s’ajoutent cinq enfants, tous orphelins, qui semblent au contraire exprimer leur colère par quelques méfaits et des attitudes rebelles qui contrastent avec l’apparente platitude des adultes.

Chiisakobé est donc un récit de vie avec le processus de deuil comme fil rouge. Le dessin est très pop et les traits sont fins, on s’attarde sur chaque case avec plaisir et on repère des détails habilement placés. Minetarô Mochizuki nous plonge dans son atmosphère pesante qui nous permet également de découvrir la culture japonaise. Néanmoins, outre l’aspect culturel, les quatre volumes s’avèrent très contemplatifs avec beaucoup de pages où il ne se passe quasiment rien. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée, mais je n’ai pas été emballée non plus.
Le rythme est donc très plat et les fins de tomes sont abruptes, sans transition. Ceux qui aiment le suspens seront déçus puisqu’il n’a rien d’insoutenable ici et que l’histoire se perd dans des longueurs interminables.

Chiisakobe_I1-500x354 Chiisakobé, Tome 1 à 4

En Bref :Chiisakobé est un manga psychologique qui n’aura pas su me convaincre malgré ses personnages forts et ses dessins accrocheurs. Cette série, lauréate du Fauve d’Angoulême 2017 de la meilleure série, traîne finalement en longueur et sera bien vite reléguée dans les limbes de mon esprit.
2 / 5 2 / 5
©Chronique écrite par , le 11-02-2017

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lacavernedhaifa

Dommage, la couverture est accrocheuse. J’ai failli acheter la série, mais je m’y suis résigner, car en effet ça avait l’air trop contemplatif…