Chronique
Conversion
 Roman  Contemporain   Drame   Adolescents 
Colleen, Deena, Emma et Anjali sont en terminale dans le prestigieux lycée St Joan. Colleen est sur le point d’être acceptée à Harvard et ne pense plus qu’à cela. Un jour de janvier, une de ses camarades est prise de convulsions. Très vite, d’autres élèves présentent d’étranges symptômes : perte de cheveux, paralysie, quintes de toux… La presse s’empare de l’affaire, un vent de panique souffle sur St Joan. Mais pas question pour Colleen de se laisser déstabiliser : elle doit travailler sur la pièce Les Sorcières de Salem, d’Arthur Miller. Et ses recherches la mènent en 1692, au moment du procès des sorcières de Salem, à la rencontre d’Ann Putman qui fit semblant d’être ensorcelée… Les époques se croisent, les drames se nouent. Qu’arrive-t-il aux élèves de St Joan ? Et si la réponse se trouvait dans le passé, trois siècles plus tôt… ?
, 29-04-2015 480 pages / 18 €

Lecture commune avec Robin des chroniques de Robinou !

Colleen est une adolescente en dernière année de lycée (ou du moins son équivalent). Elle s’apprête à affronter les derniers tests et attends les résultats d’admission des universités dans lesquelles elle a postulé. Le stress est donc à son comble, et lorsque des filles de sa classe développent une étrange maladie, Colleen ne fait que s’enfoncer un peu plus dans l’angoisse : D’où vient la maladie ? Comment la soigner ? 

J’étais très impatiente de lire ce roman car je dois avouer que le procès de Salem et les sorcières sont des sujets qui me fascinent depuis très longtemps. Je pense même que si j’avais fais un master d’histoire, ça aurait pu être mon sujet de mémoire. De plus, j’aime beaucoup l’idée d’utiliser des faits réels pour construire un récit fantastique. En effet, des jeunes filles ont récemment développé d’étranges symptômes dans un lycée Le Roy dans l’Etat de New York… Conversion avait donc tout pour me plaire, du moins sur le papier. En réalité, il en a été autrement… 

Quand j’ai ouvert Conversion, j’étais totalement dans le délire :
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Mais j’ai plutôt lu quelque chose comme ça :3206946623_1_6_6zHShPFL Conversion

Je ne vous dirai pas s’il y a ou non de la magie. Sachez seulement qu’il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit le centre du récit.
On alterne les passages entre Colleen face à la maladie mystère et Ann Putnam qui était au centre du procès de Salem au XVIIème. Les deux récits nous plongent parfaitement dans une ambiance glauque, empreinte de mystère et c’est, à mon avis, le gros point fort du roman. Car outre l’intrigue, c’est vraiment ce malaise étrange qui m’a fait tenir jusqu’au bout. Katherine Howe parvient à nous faire vivre les angoisses, la terreur et le malaise grandissant de Colleen et ses camarades d’une part, ainsi que cette ambiance malsaine, pleine de mensonges et d’ignorance aux côtés d’Ann Putnam de l’autre.

Néanmoins, en dépit de cet excellent point, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre où Katherine Howe voulait me mener. 
Colleen est une jeune fille obsédée par ses résultats scolaires. Elle se sent en permanence en compétition avec les autres élèves et passe la plupart de son temps à penser à ses examens, ses devoirs ainsi que ses futures études universitaires.
Je ne me suis pas du tout sentie en phase avec elle. J’ai eu du mal à comprendre ce constant besoin de se mettre en compétition avec tout le monde. Je pense que le fait d’être française et de ne pas avoir connu ces systèmes de sélection dans les universités américaines n’aide pas vraiment à saisir les enjeux et s’y identifier. Le milieu d’école privée dans lequel Colleen évolue m’est toutefois familier. Mais là encore, les enjeux entre étudiants français et américains ne semblent pas être du même niveau.

D’un autre côté, on découvre Ann et le procès des sorcières de Salem. Pour le coup j’ai eu beaucoup de mal avec ces chapitres. Je pensais qu’ils seraient plus passionnants mais je m’y suis tellement perdue que je n’ai pas réussi à m’y intéresser. On est lancé trop abruptement dans le récit d’Ann et j’avoue avoir eu du mal à reconnaître et différencier les nombreux protagonistes de son histoire. Si j’ai trouvé le tout intéressant, ça n’en était pas moins laborieux à lire.
Et la confusion que j’ai ressenti n’est malheureusement pas intrinsèque aux passages concernant Ann. Ceux du point de vue de Colleen sont tout aussi imprécis.

L’autre principal défaut du roman tient dans un gros manque de sentiments. L’amitié, l’amour, sont présents mais possèdent une sorte de creux, un manque de ce petit quelque chose qui fait la beauté des sentiments humains. Katherine Howe ne réussit pas à rendre les interactions authentiques, ce qui pose un vrai problème d’attache aux différents personnages.

Quant à l’intrigue, elle se résume à découvrir ce qu’est la maladie mystère avec, en parallèle, les tenants et aboutissants du procès de Salem.
C’est donc une bonne base qui est mal exploité et qui traine un peu trop en longueur. Les choses s’accélèrent considérablement dans les 100 dernières pages mais les explications données ne m’ont pas convaincue.

En Bref :Malgré une bonne idée de base, j’ai eu du mal à me plonger dans ce roman qui ne m’a pas franchement convaincue. Je tiens quand même à soulever le point positif qui ne me fait pas mettre une note négative : l’ambiance. Katherine Howe réussit à tisser une toile de mystères qui donne envie d’aller au bout de l’histoire.
3 / 5 3 / 5
©Chronique écrite par , le 29-06-2015

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Dommage que tu ais été légèrement déçue.. Il me tente quand même toujours pas mal donc je pense que je le lirai en espérant qu'il me plaise 🙂

Justine B.

Oh c'est trop dommage, j'avais tellement envie de tenter ce livre pour exactement les mêmes raisons que toi… Maintenant je sais pas trop..