Chronique
Frontière Barbare
 Roman  Science-Fiction   Adultes 
En tant qu'exovétérinaire, David Sarella parcourt l'univers de monde en monde, pour le compte de l'Organisation des planètes unies. Sa mission : pacifier et réhabiliter les exomorphes belliqueux, une fois les conflits terminés. Il est aidé par sa femme, Ula, qui possède elle-même des gènes extraterrestres. Leur nouvelle mission les entraîne sur la planète Mémoriana, où un cessez-le-feu semble sur le point d'être négocié.
Sur place, toutefois, les exomorphes ne s'en laissent pas conter et la situation s'avère plus dangereuse que prévu.
, 28-03-2013 432 pages / 8.7 €

Jadis, j’ai lu les Peggy Sue de Brussolo et j’avais beaucoup aimé. Lorsque j’ai vu ce livre en proposition dans les partenariats Livraddict j’ai donc participé pour découvrir un ouvrage plus adulte de cet auteur.

Je dois dire qu’après avoir refermé ce livre j’ai été très longuement partagée entre deux sentiments. C’est une des première fois que j’ai autant de mal à émettre un avis soit positif, soit négatif à propos d’un livre. Et c’est là que je me suis rendue compte que j’avais mis le doigt sur quelque chose. Je suis neutre. Je n’ai ni aimé ni détesté, et c’est un sentiment vraiment très étrange.

L’histoire nous embarque dans un futur où les extraterrestres – exomorphes – et les terriens tentent de coexister. Les terriens tentent beaucoup d’influer sur les exomorphes que ce soit dans la volonté de les pacifier ou de les laisser exprimer leurs violences sur leurs planètes.
C’est dans ce contexte que David Sarella, exovétérinaire, évolue tant bien que mal avec sa femme, Ula. Cette dernière posséde des gènes exomorphes qui lui donnent de drôles de pulsions. Alors qu’ils sont emmenés sur la planète Mémoriana, ce qui semblait être une banale histoire d’aventure va se transformer en quête plus profonde et personnelle.

Le roman se compose, selon moi, de trois parties, dont je ne peux pas vraiment vous parler sans vous spoiler des éléments essentiels. On y découvre peu à peu un bestiaire, presque machines de guerres, oscillant entre ptérodactyles bombardiers et éléphants cracheurs de feu. L’auteur a construit un univers impressionnant qui permet de se plonger dans l’ambiance. Les rebondissements qui se succèdent permettent d’enchaîner les pages plutôt facilement et on ne voit pas vraiment le roman passer.

Le gros point négatif pour moi qui fait, je pense, la contrebalance et donne la raison de mon manque d’enthousiasme est David, le personnage principal. On m’a dit qu’il était « humain », plus humain que les héros qu’on croise d’habitude. Alors oui, ses comportements sont logiques, David est un homme désabusé qui entre dans la quarantaine et dont le pilier central est sa femme : Ula. Et là, c’est le drame. Pourquoi aime-t-il cette femme si ignoble, méchante, pleine de vices qui ne cesse de le tromper ? J’ai détesté Ula. David aime sa femme de manière déraisonnable, ce qui est normal en amour, mais j’ai vraiment eu du mal dans le fait qu’il accepte les tromperies et son comportement violent sans broncher.
Je crois que l’auteur a voulu faire comprendre que, quand on aime infiniment, on accepte tout, et qu’on est prêt aux plus grandes folies. Mais les tromperies, personnellement, ça me bloque vraiment. Les autres personnages véhiculent aussi des choses importantes et si certains m’ont emballés, d’autres, m’ont laissé plutôt froide. J’aurais aimé, par exemple, connaître un peu mieux Itaï, l’exomorphe, qui finalement est très secondaire.

Après avoir lu une petite explication de l’auteur sur les fondements de ce livre, j’y ai vu quelque chose de plus profond que je n’avais pas su déceler, des réflexions sur la vie, la mort, la passerelle entre les deux mais aussi le poids de la guerre, des croyances et certains problèmes éthiques. Je pense donc que ça peut être bien de lire cette page avant de se lancer dans ce livre pour comprendre plus de choses sous jacentes qui seront un vrai plus lors de la lecture. Serge Brussolo nous livre un vrai tour de force en lançant autant de sujets de réflexions. Son style simple est agréable à lire. Je reproche simplement quelques petites occurrences de grossièretés et de mots crus dans le texte qui m’ont parfois fait tiquer.

En Bref :Un avis mitigé probablement parce que je n’ai pas tout de suite vu la profondeur du texte, mais aussi, à cause du personnage principal qui m’a parfois un peu énervée. Cependant, le roman se lit vraiment très facilement et l’univers construit est très impressionnant. Serge Brussolo montre tout son talent d’écrivain avec un texte original qui peut amener à la réflexion.
4 / 5 4 / 5
©Chronique écrite par , le 09-07-2013

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Laeti1304PhebusaBouchon des BoisSaefielAnne-C Recent comment authors
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Laeti1304

mmmh…. Je me tâte…. xD

Phebusa

Je ne connais pas cet auteur mais le résumé ne m'a pas trop tentée (normal, en fait ! C'est de la SF et je n'aime pas lol).
Ta chronique est cependant très intéressante, notamment parce que tu parles d'un univers impressionnant… Mais cela ne suffira peut-être pas à me faire lire ce livre 🙂

Bouchon des Bois

Ton avis me freine un peu, je l'avoue, mais… Pas suffisamment pour que je ne me laisse pas tenter : il faut que je me fasse mon propre avis 😀

Anne-C

Je ne connaissais pas ce livre mais je connais l'auteur à travers sa série jeunesse Peggy Sue (enfin si c'est bien lui haha ^^)

Ly

Je pense que les personnages sont aussi une grande force de l'auteur. Ce que tu décris concernant Ula est merveilleusement bien fait. Je pense pas que Brussolo prône la tromperie et les vices xD Je pense juste qu'il est très fort concernant la mise en place de ses personnages et arrive à dépendre l'humain de toutes ces formes. Pour les mots crues, il faut se rappeler en ouvrant que c'est quand même un livre pour adulte, et qu'il dépeint une… Read more »