Chronique
Dans la gueule de l’alligator
 Roman  Aventure   Policier   Adolescents 
Richard et sa cousine Malley sont très proches, lui rêveur, responsable, elle impulsive en révolte permanente et épuisante pour ses proches. Aussi le garçon est-il inquiet de ne plus avoir de ses nouvelles, plus encore lorsqu’il se rend compte qu’elle est partie en « balade » avec un inconnu rencontré sur un chat. Heureusement, Richard rencontre alors l’inénarrable Skink. Ancien sénateur démocrate, soi-disant mort, ce superman déglingué, mais aux ressources infinies, épouse toutes les causes perdues. Il va aider à pister, retrouver et délivrer Malley en fâcheuse posture.
, 19-08-2015 360 pages / 16.9 €

Richard et Malley ont pour habitude de se retrouver sur la plage pour observer les tortues. Un soir, Richard attend en vain, mais sa cousine ne le rejoint pas. Plus tard, il apprend que la jeune fille s’est enfuie avec un garçon rencontré sur internet. Alors qu’il pense être le seul à pouvoir la retrouver, Richard part dans un road trip pour la sauver. Et il n’est pas en solitaire dans cette aventure : Skink, un drôle d’homme aux fortes motivations écologiques, est là pour lui prêter main-forte.

Quel étrange roman que celui-ci ! Je dois dire que je ne savais pas à quoi m’attendre en me lançant dans ce roman et j’ai été surprise. Le ton est considérablement décalé, un peu fou, voire complètement barré.

Le seul élément « stable » de cette histoire est finalement le héros : Richard, un ado tout à fait banal qui craint que sa cousine soit en danger. Le garçon est sympathique, mais finit par devenir fade au milieu de cette agitation déjantée. Je ne l’ai pas vraiment apprécié et n’ai pas toujours compris son entêtement.
Dans sa recherche pour retrouver Malley, il est donc aidé par Skink, un homme qui n’hésite pas à tabasser ceux qui ne respectent pas la nature. Le duo qu’ils forment est étonnant et très étrange. Je n’ai pas du tout accroché à leur dynamique qui est proche d’une relation mentor/disciple.
Quant à Malley, elle m’a simplement énervée par ses réactions excessives et son égoïsme.

À tout ça s’ajoute une histoire qui manque cruellement de rythme et qui ne s’accélère réellement que dans le dernier tiers. J’ai trouvé l’action, quand elle est enfin là, très circulaire on vient, revient, repars, recommence. C’est une vraie boucle infernale dont on se demande si la fin va arriver un jour.

La plume de l’auteur est toutefois agréable. Malgré ses nombreux défauts sur le fond, sur la forme Dans la gueule de l’alligator se lit bien et j’ai apprécié les idéaux écologiques délivrés. Les descriptions sont réalistes, on ressent bien l’univers humide et marécageux d’une certaine partie de la Californie.

En revanche, j’ai beaucoup moins accroché au message sous-jacent que semble vouloir faire passer l’auteur dans son roman. J’ai eu l’impression qu’il diabolisait les rencontres sur Internet sans chercher à avoir un point de vue différent pour contrebalancer son propos. Car même si Richard fait le chemin avec Skink qui est un peu doudingue, l’homme reste gentil et relativement fiable. Ce qui n’est évidemment pas le cas du « copain » de Malley. Ce n’est bien sûr, qu’un ressenti, peut-être que je me trompe, mais ça m’a considérablement dérangée.

Je noterai toutefois que ce roman peut certainement plaire à des amateurs de polars jeunesse qui cherchent quelque chose de décalé et novateur.

En Bref :Dans la gueule de l’alligator est un roman au rythme inégal qui bascule trop souvent dans la mauvaise caricature en tentant d’aller sur le terrain du récit humoristique et loufoque. De plus, il véhicule un message négatif et moralisateur à propos d’internet qui m’a beaucoup dérangée.
2 / 5 2 / 5
©Chronique écrite par , le 12-08-2016

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Ana

J’ai tout juste lu Sally Jones aux mêmes editions la semaine dernière, pas un franc succès de mon côté non plus. C’était long, long et…long.