Chronique
Havrefer, Tome 1 : Le Héraut de la tempête
 Roman  Fantasy   Adultes 
Bienvenue à Havrefer... Sous le règne du roi Cael l'Unificateur, la vaste cité portuaire de la côte sud a été, durant des années, un symbole de puissance, en maintenant une paix fragile sur les Etats Libres. Mais aujourd'hui, une ombre grandissante plane sur la cité en la personne du redoutable seigneur de guerre des Elharim, Amon Tugha et de son messager qui est parvenu à s'introduire dans la cité pour exploiter en leur faveur les réseaux criminels souterrains. Lorsqu'en plus une sombre et terrible magie, depuis longtemps oubliée, semble réapparaître, cela pourrait bien être le début de la fin.
, 18-03-2016 567 pages / 9.2 €

Havrefer est une cité portuaire où se côtoient assassins, marchands, voleurs, prostituées et membres de la noblesse. Un endroit haut en couleur entre la crasse des rues et le scintillement du palais. Une ville en danger depuis que les Kurthas, un groupe de barbares mené par un nouveau dirigeant : Amon Tugha, semble vouloir prendre possession des États libres.

C’est à Havrefer que se trouvent les 8 personnages du récit, 8 personnalités à découvrir au fil des pages, qui vont se rencontrer, se croiser, vivre leurs histoires alors que la grande, celle avec un grand H, se rapproche lentement des portes de la ville.

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de fantasy. Il faut dire qu’après des chefs-d’œuvre comme La Dernière Terre de Magali Villeneuve ou Aeternia de Gabriel Katz, j’ai toujours un peu peur d’être déçue. Ce n’est pas le cas ici. Havrefer n’atteint pas le niveau de mes chouchous, mais se place bien dans mon palmarès, très bien même !

Le roman commence doucement avec une alternance de personnages. Le nombre peut être effrayant puisqu’ils sont quand même huit ; et pourtant, on les cerne rapidement. Il suffit d’une centaine de pages pour s’y attacher. J’ai eu ma petite préférence pour Rivière, l’assassin silencieux et Waylian, l’étudiant en malégie qui ne parvient pas à trouver sa place. Les autres m’ont aussi touchée, ils ont tous une personnalité propre qui fait qu’on aime les suivre et les découvrir. Ainsi, Janessa la princesse rebelle, Kaira la guerrière ignorante, Merrick le brigand égoïste, Nobul, le forgeron bourru et Loque la petite voleuse des rues ont réussi à trouver une place dans mon cœur de lectrice. Le huitième personnage est moins présent, plus mystérieux, il n’est qu’un messager, mais son rôle est bien plus important qu’il n’y paraît au premier abord.

Cette belle palette de protagonistes se côtoie au sein de l’immense cité. Au début, chaque récit suit son propre fil, mais ils finissent tous par se croiser et les liens se font au fur et à mesure. Cependant, il n’y a pas toujours le déclic qui fait que leurs aventures continuent ensemble, ils ne sont que des rouages perdus dans l’immensité de l’intrigue. Leurs histoires permettent pourtant de comprendre le fil conducteur, et je pense qu’il nous réserve encore bien des surprises.

J’ai pris un grand plaisir à me perdre dans le dédale d’Havrefer, cette ville tentaculaire, presque un personnage à part entière puisqu’on finit par s’y sentir un peu chez soi. J’ai aussi aimé me rendre compte de son fonctionnement, déjouer ce qui la tient debout et la fait s’effondrer en même temps.
J’ai aussi adoré voir où Richard Ford me menait et découvrir le destin des héros. Niveau intrigue et suspens, on est également servi, entre magie noire et complots les plus sombres, Havrefer se révèle être un endroit où les pires crimes peuvent avoir lieu, gangrénée par une Guilde de voleurs toute puissante.
J’ai retrouvé l’atmosphère de Novigrad dans The Witcher 3. Ceux qui y ont joué verront très bien de quoi je parle, cette drôle de frontière entre insalubrité et beauté, les deux quartiers qui se touchent, mais sont pourtant si différents (la basse et la haute), le port rempli de voyous…

Richard Ford nous embarque donc dans une histoire magistrale et l’on n’en perd pas une miette. À noter toutefois que nous sommes face à un tome très introductif qui fait la part belle aux descriptions. Pour ma part, j’ai aimé, d’autant plus que l’auteur manie sa plume avec brio. Il n’en fait ni trop, ni pas assez, tout juste ce qu’il faut pour nous tenir en haleine et donner envie de lire la suite.

En Bref :Havrefer est un excellent premier volet de fantasy. La multitude de personnages dont les destins s’entrelacent permet une belle vision d’ensemble de la ville qui devient presque une entité à elle toute seule. Là où c’est très intéressant, c’est que cette ville n’est finalement qu’un point de la carte et de l’univers de Richard Ford… Et j’ai hâte d’en découvrir plus  !
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 09-05-2016

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Chess

Un premier tome sympa, il faudrait que je me mette à la suite maintenant 🙂

NovaBaby

J’allais dire, pour le coup à contre sens de ton avis, que j’avais lu beaucoup de fantasy qui avait l’air assez similaire ces derniers mois, mais tu m’as eue avec ton parallèle avec l’ambiance de The WItcher. OK, je le veux, maintenant !

Maman Tortue
Maman Tortue

Il est bien tentant ce roman … Je sens venir au loin une jolie découverte !

Gilwen

Intéressant, tu donnes envie de se plonger dedans, et pourtant j’ai souvent du mal avec les histoires aux trop nombreux personnages (mais j’adore GoT, va comprendre ^^). Là j’ai plutôt bien envie de faire leur connaissance. Je suis aussi super intriguée par Havrefer en elle même, j’aime ces villes tentaculaires, presque des personnages. J’avais en cela beaucoup aimé Alerssen dans Martyrs d’Olivier Peru.

Kathleen

Il est à ma médiathèque, je le lirai prochainement!