Chronique
J’ai avalé un arc-en-ciel
 Roman  Contemporain   Humour   Adolescents 
Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique... Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans.
Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique...
Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité...c'est que j'ai avalé un arc-en-ciel.
, 02-03-2017 396 pages / 16.95 €

Dans ce blog, je vais parler de ma vie, mais aussi de la vie. Parce que ce qui compte quand on navigue, ce n’est pas le bateau. C’est l’océan, l’équipage, et les étoiles au-dessus de nos têtes.

 

Capucine s’apprête à faire sa dernière année en tant que senior, l’équivalent américain de la terminale. De père français et de mère américaine, la jeune fille vit dans le Delaware aux États-Unis depuis sa plus tendre enfance, mais parle français avec un accent du sud. Lorsqu’elle décide d’ouvrir un blog, elle le fait donc dans sa « langue paternelle » afin de garder son jardin secret. Capucine va donc nous livrer son quotidien, ses craintes, ses joies et ses peines avec un humour mordant tout au long de son année scolaire.

Une adolescente qui écrit ses journées et ses pensées dans un blog à la façon d’un journal intime, c’est du vu et revu dans la littérature YA. Pourtant, Erwan Ji parvient à rendre son roman unique grâce à un savant mélange d’ingrédients classiques et d’originalité.

Capucine, qui se fait appeler Puce afin d’éviter que ses camarades écorchent son prénom nous fait donc entrer dans sa vie de lycéenne américaine. On découvre le quotidien de la jeune fille dans un college prep (établissement riche aux USA) au gré des journées et occasions spéciales comme les tag day, le morp, le promposal ou encore le jeu « assassins » qui marquent la fin du lycée pour les senior. Autant dire qu’on vit au rythme de l’établissement et plus le temps passe, plus on se sent dans un drôle de cocon confortable et moelleux.

Mais le quotidien de Capucine ne s’arrête évidemment pas aux cours. Elle fait aussi la fête avec ses amies, se pose des questions sur l’amour et va sur son lieu de travail : un fast food qu’elle nomme rapidement « Le Mordor », car elle a peur d’y aller, mais est obligée. Car si la jeune fille est scolarisée dans un établissement de riches ; elle n’en est pas une pour autant. Elle n’a cette chance que parce que sa mère y est enseignante et elle est donc forcée de travailler pour mettre de côté.
On retrouve également beaucoup de mots anglais dans la prose de l’adolescente qu’elle n’hésite pas à expliciter avec humour et exemples à l’appui. Ainsi des termes typiquement américains tels que « duh » ou « whatever » n’auront plus de secrets pour vous.
Le contexte est finalement très fort, porté par l’humanité des personnages et le réalisme de certaines situations. On pourrait reprocher un côté caricatural dans les divers groupes de lycéens (les nerds, les populaires, les sportifs, etc.) et une ambiance bisounours (tout le monde s’entend plus ou moins avec tout le monde), mais cet univers joyeux et bon enfant amène une part de lumière dans l’histoire.

On apprécie donc Capucine et son humour décoiffant qui nous partage sans détour des émotions qui la chamboulent. On ne peut qu’aimer cette héroïne si juste et si humaine qui devient un peu plus tangible et vivante à chaque page.
Ses amis et son entourage sont tout aussi sympathiques et les défauts de certains ne les rendent que plus authentiques.

En plus d’être drôle et addictif, J’ai avalé un arc-en-ciel délivre un message profond sur l’identité et la joie de s’accepter tel qu’on est et d’être soutenu par ses proches. Alors que se succèdent les jours, Capucine nous livre une véritable réflexion sur elle, sa vie, son avenir, l’amour et l’amitié. En profitant de chaque instant et en le tournant systématiquement en positif, elle nous invite à faire de même et nous apprend à saisir la moindre parcelle de bonheur.
Erwan Ji réussit donc l’étonnant pari de faire du neuf avec un concept vieux comme le monde (je suis persuadée que les amibes tenaient déjà des journaux intimes). Quelques éléments sont prévisibles, mais n’entachent en rien le plaisir de lecture. L’auteur nous offre ici un premier roman rythmé, addictif qui fait un bien fou et qui provoque tout simplement un immense bien-être. Le coup de cœur n’était vraiment pas loin, il s’en est fallu de peu et j’hésite même encore.

En Bref :J’ai avalé un arc-en-ciel est un roman feel good lumineux à découvrir d’urgence. Porté par une héroïne drôle et humaine, ce roman est totalement addictif. Le fort contexte et la belle réflexion que nous offre le récit sont mis en valeur par la plume légère d’Erwan Ji et on ne peut finalement qu’espérer une suite aux aventures de Capucine !
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 17-03-2017

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4 Commentaires sur "J’ai avalé un arc-en-ciel"

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Mallou14

Pareil que pour Je suis ton soleil, je ne connaissais pas du tout ce livre et je ne me serais pas arrêtée dessus s’il n’y avait pas eu les très bons avis de sortis 😛 Bref, mon portefeuille ne te remercie pas !

Léna Bubi
Léna Bubi

Encore une superbe chronique sur ce roman, j’ai envie de le lire tout de suite x) …

Clémence

je l’ai vu passer sur les RS et je dois dire que la couverture colorée comme son titre m’a intriguée mais quand ça me semble « trop » joyeux en général je ne m’y arrête pas haha c’est un peu bête mais que veux-tu. Ta chronique me rend plus curieuse du coup c’est convaincant ! ^^

Lili Dans Les Etoiles

Je l’ai croisé hier en librairie, moi qui suis une grande amoureuse des arc-en-ciel, j’ai évidemment eu le coup de foudre pour sa couverture ! Dans ma pile à lire, évidemment… 😉

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