Chronique
La Dernière Terre, Tome 1 : L’enfant Merehdian
 Roman  Fantasy   Adultes 
Un monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles. Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre. Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux moeurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres. Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?
, 01-11-2012 458 pages / 21.9 €

Vous faire un résumé de ce roman risque de s’avérer compliqué puisque l’univers est très complexe. Sans m’appesantir sur les détails, l’histoire se déroule dans un monde composé de cinq territoires (Les Gamarides, les Endérines, le plateau Agrevin, les plaines de Tilh et les montagnes Giddires) ; quatre d’entre eux sont entourés par une muraille servant à les protéger des brumes hostiles de la Dernière Terre, un endroit obscur dont on ne revient pas vivant si on s’y aventure. Mais le dernier territoire, celui des Giddires, ne peut que se protéger grâce à ses montagnes. Ce peuple vit en autarcie, rejeté par le reste des hommes qui les considèrent comme des sauvages et en dehors de quelques échanges commerciaux, les contacts s’arrêtent là.

C’est à Tileh Agrevina, la grande citadelle blanche du plateau Agrevin, que l’intrigue va débuter au sein des Arpenteurs. Les jeunes hommes qui sont formés pour devenir des Arpenteur aguerri y voient un moyen de s’élever socialement aux moindres frais puisque la Brume qui est à surveiller n’est pas une vraie menace. A l’intérieur de cette formation se trouve un quatrième année Giddire qui subit brimades, violences morales et physiques à longueur de temps : Cahir, ramené très jeune par Melgar Cenerianh, le Haut-Garde de la cité. Le jeune garçon va rencontrer Ghent, le fils du Haut-Capitaine Solgar, et lier avec lui un lien étrange qui pourrait révéler un début d’amitié dans un lieu où le Giddire est pourtant rejeté de toutes parts depuis toujours.

Chaque chapitre va se concentrer sur le point de vue d’un personnage. On va ainsi s’habituer progressivement à côtoyer Ghent, Melgar, Reghia (la fille de Nelgoth de Tilh, un puissant marchand) ou encore Feor (qui vit pourtant bien loin de Tileh Agrevina) et Cahir pour ne citer que les principaux.
Chaque personnage est incroyablement détaillé et possède une personnalité forte qui vous fera fondre, vous énervera, vous touchera ou vous mettra en rogne.

Celui qui m’a plus plus touchée est, sans aucun doute, Cahir pour son côté sauvage, et en même temps, pour l’émotion incroyable qui émane de lui et m’a prise aux tripes plusieurs fois. J’ai aimé Cahir comme j’aime rarement un personnage dans un roman. Le duo qu’il forme avec Melgar a d’ailleurs été la source de plusieurs sourires mais aussi d’une intense sensation de tristesse lors d’un passage en particulier.
L’autre personnage que j’ai trouvé très étonnant est Reghia. La façon dont on la découvre petit à petit permet de lever le voile sur son comportement et, alors qu’au début je ne l’aimais pas beaucoup, je l’ai finalement beaucoup appréciée et l’ai trouvée courageuse et intéressante.
Si je devais en citer un dernier, ce serait Feor, dont on ne situe pas tout de suite la place dans l’histoire, mais son comportement bourru m’a vraiment plu. Ce qui ne fut pas vraiment le cas de l’Arpenteur Ghent que j’ai trouvé trop girouette. Son avis semble se modifier au gré du vent, et j’ai eu du mal à faire confiance à ce personnage puisque je n’ai pas réussi à comprendre s’il était sincère ou non.

Le monde créé par Magali Villeneuve est également source d’émerveillement puisqu’il est réfléchi dans ses moindres détails et les descriptions permettent de vraiment s’immerger dans les divers paysages. J’ai beaucoup aimé pouvoir visualiser à ce point, m’y sentir presque présente, avoir l’impression que si je tendais la main je pouvais toucher un des murs blancs et poli de Tileh Agrevina ou l’herbe devant la maison de Ghent.
L’écriture de Magali est claire, fraîche et on se plonge sans retenu dans sa création. Ce premier tome de la saga de La Dernière Terre – qui devrait en compter 6 – est essentiellement introductif, l’action n’est pratiquement pas présente, on se concentre  sur le relationnel entre les personnages, pourtant il m’a charmée et je ne saurai pas vraiment l’expliquer. Ce roman m’a touchée quelque part dans mon âme et je ne pense pas être capable de l’oublier.
la-derniere-terre,-tome-1---l-enfant-merehdian-2943943 La Dernière Terre, Tome 1 : L'enfant Merehdian

En Bref :Un premier tome tourné vers l’introductif mais qui a su me séduire par tous ses aspects que ce soit par l’écriture, les personnages ou l’intrigue.
La Dernière Terre n’a aucun défaut et mérite sa place dans mes plus gros coups de cœurs de l’année puisqu’il hante encore mes jours et mes nuits. J’ai hâte de pouvoir me procurer le second tome et me replonger dans l’histoire de Cahir, Ghent, Feor et tous les autres car le sevrage s’avère déjà difficile.
Coup de coeur Coup de coeur
©Chronique écrite par , le 27-04-2014

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10 Commentaires sur "La Dernière Terre, Tome 1 : L’enfant Merehdian"

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[…] 3. La Dernière Terre de Magali Villeneuve Parce que ces romans m’ont apporté non seulement du bonheur, mais aussi de merveilleuses rencontres avec des gens aussi formidables qu’adorables. Chronique […]

Anonyme
Anonyme

Pour tous ceux qui ne l'ont pas encore lu: vous avez raté -pas pur longtemps j'espère- le meilleurs des livres, qui vous touche au cœur, et vous fais pour une fois vraiment voyagé, alors l'hésitation n'a pas lieu d'être, (sauf pour attendre la sortie du tome 4 pour vous y mettre, car le suspense est insoutenable!) 😉

Gilwen

Oh je l'avais raté celle là. Et je me dis que j'aurais du continuer à vivre dans l'ignorance. J'ai encore plus envie de me plonger dedans maintenant. Méchante tentatrice, méchante … Bon je vais aller me faire mal à regarder les illustrations en attendant.

Phebusa

Il faut que je le sorte prochainement de ma PAL pour découvrir ce fameux Cahir 🙂

Livresse des Mots

Arf, je vais bientôt craquer ! Déjà Bouchon m'avait tentée, et toi tu m'achèves =) Il a l'air vraiment bien !