Chronique
La Mort du Temps
 Roman  Post-Apocalyptique   Science-Fiction   Adolescents   Adultes 
Un séisme temporel a dévasté la Terre, massacrant une large partie de la population et mélangeant les époques entre elles. Callista se retrouve seule survivante dans un Paris ravagé où s’amalgament deux mille ans d’architecture. Tous ses repères chamboulés, la jeune fille n’a plus qu’un espoir : retrouver en vie sa meilleure amie, restée dans l’Est de la France. Callista part à pied pour un long périple, talonnée par la monstrueuse réplique du séisme qui semble la suivre pour l’anéantir. Si elle s’arrête, si elle ralentit, le cataclysme la dévorera. Au côté d’étranges compagnons, issus de siècles différents, elle va tout faire pour échapper au chaos.
, 11-05-2017 288 pages / 16.9 €

La vie de Callista bascule lorsqu’elle se réveille d’un coma après un tragique accident de voiture. Alors qu’elle tente de reprendre ses esprits, son père la presse, il ne faut pas s’attarder, la terre tremble et il est temps de prendre la fuite. Puis c’est la catastrophe, tout Paris se retrouve rayé de la carte. Callista doit avancer coûte que coûte, car un phénomène terrible débute, celui qu’elle surnomme « le Flash », une sorte d’explosion au périmètre grandissant qui oblige les survivants à bouger, sans quoi ils finissent pulvérisés.

Aurélie Wellenstein m’avait déjà convaincue avec Le Roi des Fauves et Les Loups Chantants également publiés aux éditions Scrineo. Le charme se renouvelle avec ce dernier né si différent aux thèmes pourtant semblables.

Dans La Mort du Temps, on découvre la fin du monde tel qu’on le connaît. Le Flash ne fait pas que détruire tout ce qui se trouve sur son passage, il provoque aussi des anomalies temporelles. Outre le mélange soudain d’architectures qui se mêlent de façon chaotique, apparaissent également des êtres humains projetés dans cette apocalypse incontrôlable depuis le passé. Callista croise donc des personnes venant du Moyen Âge, des nazis ou encore des hommes de Néandertal. Elle découvre aussi les étranges fusions provoquées par la catastrophe.
L’auteur reprend ici un thème qui lui est cher : la métamorphose, qu’elle soit physique, comme pour Roland, le chevalier fusionné à son cheval, ou mentale dans l’incroyable évolution de Callista.

Alors que son prénom, dérivé du grec « Kallisto » signifie « le plus beau », l’adolescente se confronte à l’horreur. Elle voit la peur, le dégoût face à ceux qui n’ont plus visage humain. Elle-même ne peut se retenir de ressentir de la répulsion devant le pauvre Roland.
De jeune fille effrayée, Callista passe au statut de personnage fort qui ne recule jamais. On ne peut pas dire qu’elle soit pleurnicharde, dès le début, son instinct de survie se met en route pour qu’elle avance. Callista sent l’urgence de la situation et sa volonté se fait de plus en plus forte. Elle n’hésite pas à faire équipe avec des êtres particuliers, mais marquants et attachants. Elle va également faire certains choix pour vivre, y compris des choses répréhensibles mais nécessaires. Ces faits la rendent d’autant plus humaine et agréable à suivre.
Au milieu de tout ça, l’adolescent a un but : elle veut retrouver Emma, sa meilleure amie qui se trouve actuellement dans sa maison familiale dans les Vosges.

Le récit se démarque par son rythme maîtrisé et haletant. L’auteur nous mène habilement de point en point jusqu’à une dernière partie étonnante et une fin qui retourne littéralement le cerveau et donne envie de tout relire depuis le début. J’ai été conquise par la cohérence et l’intelligence de ce récit. Aurélie Wellenstein a un vrai don pour nous mener par le bout du nez et nous offrir des romans grandioses.

Côté ambiance, on est également servis. C’est glauque à souhait, les descriptions sont soignées et on imagine parfaitement ces villes devenues charniers et patchwork du passé et du présent ainsi que les longues heures de marches en forêt. J’ai été imprégnée par cet univers singulier qui met parfois mal à l’aise mais s’avère étrangement fascinant.

En Bref :La Mort du Temps est un roman étonnant et haletant qui se lit d’une traîne et qu’on ne termine qu’à regret. Intelligent et maîtrisé jusqu’à la dernière page, le récit nous plonge dans un univers particulier et nous mène à la rencontre de personnages complexes et attachants.
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 02-08-2017

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