Chronique
La Nature des choses
 Roman  Thriller   Adultes 
Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien. Dix femmes au crâne rasé, vêtues d’habits étranges. Trois geôliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices.
, 06-09-2017 288 pages / 20.9 €

Dix femmes sont enfermées dans un ancien complexe agricole au fin fond du bush australien. On leur a rasé le crâne et donné quelques vieilles guenilles inconfortables et elles dormiront désormais dans les niches du chenil, étroitement surveillées par leurs geôliers.

La Nature des choses est un roman pour le moins déroutant avec lequel j’ai eu beaucoup de mal. Tout commence avec deux femmes, Yolanda et Verla, menées ici de force. On comprend rapidement qu’à l’instar des 8 autres filles enfermées là, elles font l’objet de diverses frasques sexuelles, de l’infidélité à la prostitution en passant par le viol. Charlotte Wood pointe ici du doigt la tendance de notre société à toujours accuser les femmes et garder la responsabilité masculine sous silence. Le message féministe est fort et percutant, les dix filles s’enfoncent progressivement dans un état de nature brutal et instinctif, se battant pour survivre et prenant peu à peu une forme de pouvoir.

Malgré cette progression plutôt intéressante, le roman reste assez plat et lent. Charlotte Wood se concentre sur la psychologie de ses personnages avec une plume abrupte et incisive qui n’enlève malheureusement rien à l’ennui que nous procure le récit.

En plus de ma difficulté à m’attacher aux protagonistes, j’ai aussi eu du mal à me prendre dans l’histoire qui n’avance pas beaucoup. Pleins de questions se posent pourtant sur l’emprisonnement de ces dix femmes, les trois geôliers, ce fameux Hardings qu’ils attendent tous, les filles elles-mêmes et on obtient finalement peu de réponses, voir pas du tout. C’est dommage, car ça manque à l’histoire et donne l’impression de lire un roman dont la fin a été tronquée, ce qui est plutôt frustrant. Plus que cette dérangeante absence d’épilogue, c’est bien cette impression de stagner et tourner en rond avec les personnages qui finit par lasser de cette lecture.

Question ambiance, si vous aimez les romans très noirs, glauques et violents, vous serez servis ! Charlotte Wood n’hésite pas à décrire crûment le quotidien de ses héroïnes. La crasse y côtoie la faim, les blessures purulentes et la violence souvent emplie de vulgarité. L’auteur parvient avec habileté à nous faire ressentir tout ça et nous donner quelques frissons.

En Bref :Huis clos en plein bush australien, La nature des choses est un roman profondément déconcertant. On n’y trouve aucune réponse à nos questions et le récit s’avère finalement ennuyeux et sans réelle saveur.
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©Chronique écrite par , le 21-09-2017

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