Chronique
La Passe-Miroir, Tome 3 : La Mémoire de Babel
 Roman  Fantasy   Adolescents   Adultes 
Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima. Aujourd’hui il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’informations divulguées par Dieu. Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?
, 01-06-2017 496 pages / 18 €

// ATTENTION SPOILER – la chronique peut spoiler des éléments des premiers tomes //

Deux ans et sept mois. C’est le temps exact depuis qu’Ophélie a vu Thorn pour la dernière fois, depuis que celui qui est désormais son mari s’est enfui de prison après une confrontation troublante avec Dieu, depuis que les maigres certitudes d’Ophélie se sont effondrées à jamais. Lorsque la jeune femme quitte brutalement Anima, son arche natale où elle était retournée, elle décide de se rendre à Babel. Commence alors une nouvelle aventure sur cette arche inconnue où un espoir persiste : Thorn est peut-être là quelque part.

La Passe-Miroir est une saga dont les deux premiers tomes m’ont fait vivre un de plus gros coup de foudre de mon passé de lectrice. J’avais donc hâte de découvrir ce troisième tome, autant que je ressentais une certaine appréhension : serait-il aussi bien que ce que j’espérais ? Ma peur a été bien vite balayée face à ce roman d’une beauté à couper le souffle.

Christelle Dabos nous replonge immédiatement dans son univers singulier. On quitte la glaciale Citacielle et l’arche du Pôle pour de bon et on se rend dans la tropicale arche de Babel. Bien loin de la cour et de ses illusions, Babel n’en est pas moins un endroit complexe, gouverné par un système de classes sociales parfois injuste, presque cruel. On découvre de nouveaux us et coutumes dans cette endroit grandiose au sein duquel on se déplace en tramoiseaux pour aller d’île en île. Contrairement à la Citacielle, les membres d’autres arches ne sont pas rares et rendent la population cosmopolite et colorée. Point détonnant au milieu de tout ça : les sans-pouvoirs, forcés de porter une tenue blanche éclatante pour marquer leur appartenance à cette caste. L’ambiance y est donc toujours lourde, pleine de mystères et de personnages œuvrant dans l’ombre.
On pourrait longuement s’attarder sur la richesse de l’univers de Christelle Dabos tant il est complet, poussé dans ses moindres recoins. Ce monde est finalement si détaillé qu’il prend vie devant nos yeux et nous transporte un peu plus de page en page.

Ophélie est pour la première fois livrée à elle-même, sans aide extérieure. Poussée par une vision eue lorsqu’elle a lu le Livre de Farouk et par l’espoir de retrouver Thorn, elle décide de suivre son instinct. Ce dernier la mènera à nouveau dans une aventure où le danger est omniprésent. Son intégration au Mémorial en tant qu’apprentie virtuose sous une fausse identité n’est pas une mince affaire et la concurrence n’est rude. Pourtant, la jeune femme est prête à tout pour réussir et avoir accès aux secrets que cache cette immense bibliothèque contenant toutes les archives mondiales.

Une nouvelle fois, Ophélie se montre comme une héroïne forte, courageuse, qui parvient de plus en plus à s’affirmer. Sa résistance face aux épreuves qui se dressent devant elle est tout bonnement impressionnante.
Les quelques alliés et ennemis qu’elle se fera au cours du roman ont également une ampleur hors du commun. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, chacun possède une psychologie particulière et une présence indéniable.

Tout dans ce troisième et avant dernier volet est grandiose. On en ressort ébloui par tant de force narrative et cette histoire qui nous ballotte de révélation en révélation jusqu’à une fin magistrale. Comme d’habitude, on est étonné par chaque rebondissement, on ne voit absolument rien venir et ça ne rend la lecture que plus savoureuse encore.

La mémoire de Babel est, à mon sens, le meilleur des trois volumes sortis pour le moment. Quelque chose dans l’écriture de Christelle Dabos m’a évoqué une sorte de libération. Le lecteur est emmené plus loin dans l’univers, poussé dans ses retranchements, malmené jusqu’à la dernière page et on adore ça ! Je n’avais personnellement plus eu autant d’amour pour une série depuis Harry Potter et ce n’est pas peu dire.

En Bref :La Mémoire de Babel est à la hauteur des deux premiers tomes de la saga, si ce n’est encore meilleur. Porté par un univers inoubliable et une intrigue à couper le souffle, ce roman est un véritable chef-d’œuvre qui ne fait que confirmer la place de La Passe-Miroir dans mon panthéon de sagas littéraires préférées.
Coup de coeur Coup de coeur
©Chronique écrite par , le 01-06-2017

Poster un Commentaire

11 Commentaires sur "La Passe-Miroir, Tome 3 : La Mémoire de Babel"

avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
wpDiscuz