Chronique
L’anneau de Claddagh, Tome 1 : Seamróg
 Roman  Historique   Adolescents 
Irlande, comté de Galway, 1846. Keira est la fille d’une cuisinière irlandaise, Arthur le fils d’un grand propriétaire anglais. Ils ne devraient pas se rencontrer, et encore moins s’aimer. Mais le destin les réunit, pour très vite les séparer : Keira apprend brutalement qu’Arthur est parti pour New York. Dans un pays ravagé par la famine, Keira peut s’estimer heureuse d’être employée dans une maison où on ne manque de rien. Cependant, le départ d’Arthur est suivi d’autres drames qui bouleversent son existence. Et si une vie meilleure l’attendait, elle aussi, de l’autre côté de l’Atlantique ?
, 01-10-2015 250 pages / 16 €

En Irlande, au milieu du XIXème siècle, les temps étaient durs. La Grande Famine qui a touché le pays entre 1845 et 1852 a provoqué de nombreux décès et une émigration de masse, notamment dans la classe des agriculteurs qui ne pouvaient plus subvenir à leurs besoins.

C’est dans ce contexte qu’on découvre Keira. Elle travaille comme femme de chambre pour de riches propriétaires terriens anglais. Chaque jour, elle voit se confronter deux réalités : celle de ceux qui meurent de faim et de maladies, et celle de ses employeurs qui vivent dans le faste et l’inconscience. Lorsqu’elle rencontre Arthur, le fils d’une autre famille de propriétaires terriens, Keira découvre pourtant un homme charmant et sensible dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Quand il disparaît sans laisser de message, la jeune fille est effondrée, mais ne peut pas y croire.

On plonge dans une période historique très importante de l’Irlande. La Grande Famine a provoqué une vague d’émigration vers les États-Unis et ravagé de nombreuses familles. Si je connaissais ce fait, j’ai découvert pourtant beaucoup de choses, pas toutes très joyeuses. Notamment que le prix d’un ticket de bateau était exorbitant et qu’il condamnait les plus pauvres à mourir de faim. Je me suis aussi familiarisée avec le système des propriétaires terriens anglais. Autant dire que c’était légèrement révoltant. Les nantis anglais donc, possédaient des terres sur lesquels les Irlandais travaillaient. Le produit de leurs efforts servait la plupart du temps à engraisser leurs propriétaires plutôt qu’eux, devant se nourrir essentiellement des pommes de terre. Lorsque le mildiou les a ravagés, les Irlandais ont donc été privés de l’élément principal de leur alimentation provoquant famine et appauvrissement général.
Pour résumer : les Anglais mangeaient tranquillement leurs puddings, bien attablés dans leurs belles maisons, payés grâce au travail des Irlandais et les ont laissés mourir de faim sans lever le petit doigt.

Aux côtés de Keira, on s’insurge donc face aux conditions de vie des paysans, d’autant plus que les employeurs de la jeune fille ne se privent de rien.
Mais on découvre aussi une Irlande que l’auteur nous dépeint avec une passion palpable. La chaleur des gens, les paysages, les chants en gaélique, les traditions et les croyances, tout se mêle sous la plume habile de Béatrice Nicodème.
Une petite touche de fantastique va par ailleurs se glisser au fil des pages. Si Keira n’est pas proche de sa mère, elle se sent liée à sa grand-mère qu’elle n’a pourtant pas connue. Cette dernière lui a légué deux objets précieux : son violon ainsi qu’un anneau de Claddagh qui semble parfois réagir pour aider Keira à trouver son chemin…
La relation entre l’héroïne et sa mère est, en revanche, très tendue. Mais je n’ai pas pu détester cette femme qui cache beaucoup de secrets et s’entoure d’un voile de mystère permanent.

J’ai aussi aimé Keira. Elle est prête à se battre pour ses idéaux et à faire des choix difficiles qui la mettent parfois en danger. Si toute l’histoire ne se concentre pas sur elle, elle est quand même le personnage clé. Sa romance avec Arthur est touchante et émouvante, je m’attendais à un peu de niaiserie, mais pas du tout. J’attends d’ailleurs de retrouver le garçon pour comprendre les raisons de son brusque départ.

Vous l’aurez sûrement compris, j’ai adoré ce roman, l’ambiance, la façon dont l’auteur nous dépeint l’Irlande et le contexte avec brio. Je me suis passionnée pour l’histoire de Keira entre romance, histoires de familles, drames et cœurs brisés. J’ai hâte de retrouver la jeune femme dans le second volume ainsi qu’une toute autre ambiance. En effet, si Seamróg est le terme gaélique pour le mot trèfle (une plante qui éloignait les mauvais esprits selon la croyance) et ancrait ce volet dans la terre irlandaise, Stoirm pour tempête – le tome 2 – va nous mener vers de nouvelles contrées !

En Bref :Premier tome d’une trilogie, Seamróg nous plonge en plein cœur de l’Irlande du XIXe siècle, bouleversée par la Grande Famine. Béatrice Nicodème a réussi à me subjuguer en alliant un contexte maîtrisé et une histoire prenante. Keira est une héroïne forte, intelligente et incroyablement plaisante à suivre. Vivement la suite !
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 26-02-2016

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Ptitelfe

J’avais repéré ce livre sur ce site ton avis me donne vraiment envie de le prendre!! Merci 🙂

Aurélie Sinoir
Aurélie Sinoir

Il a l’air passionnant ! Merci pour cette découverte dont tu es la première à me parler !
WL immédiatement !

Natacha

Je ne connais pas du tout mais j’ai très envie de découvrir cet univers ! J’aime beaucoup la présentation du billet.

Florence

C'est un roman dont j'ai déjà entendu parlé en bien plusieurs fois et il me tente vraiment, surtout par rapport à la période traité. Elle reste assez inconnue surtout chez nous 🙂

Boom

Tu me motives super bien à découvrir ce roman que je ne connaissais pas du tout, il pourrait me plaire 😀