Chronique
Le ciel est à nous
 Roman  Contemporain   Drame   Adultes 
Rob Coates vit en Cornouailles et partage son existence solitaire entre l’alcool et les aventures d’un soir. La brume ne se lève que lors de ses promenades aux airs de pèlerinages : Rob retourne sur les lieux où il a emmené son jeune fils Jack. Il prend alors des photos...
, 15-03-2018 448 pages / 21 €

Rob vit seul dans sa maison dans les Cornouailles depuis que sa femme Anna est partie. Entre deux bouteilles d’alcool il met à jour son site web : Le ciel est à nous, où il poste des panoramas de paysages. Sur celui-ci, il cache des textes adressés à son fils, Jack qu’il aimerait pouvoir lui faire lire un jour. Il y fait référence à un passé heureux où Rob était un autre homme auprès de ceux qu’il aime. Commence ainsi l’histoire d’un bonheur perdu.

On plonge facilement dans le récit de la vie de Rob, sa rencontre avec Anna, ancienne fille de missionnaires un peu coincée dont il tombe amoureux. On découvre leur vie à Cambridge, leurs réussites, leurs amis et leur amour sans faille. Enfin vient l’arrivée de Jack, un magnifique petit garçon attendu trop longtemps.

Le ciel est à nous est de ces romans dont il est difficile de parler sans trop en dire. Je ne pense pourtant pas aller trop loin en vous dévoilant que le sujet principal est ici la maladie, et plus particulièrement de cancer. Comparé dans la quatrième de couverture à Nos étoiles contraires de John Green, l’histoire écrite par Luke Allnutt va pourtant plus loin. L’auteur tire ses lignes de son expérience personnelle puisqu’il a commencé à rédiger ce roman alors qu’il se battait lui-même contre le cancer. La description de la maladie est ici lente, douloureuse, alternant entre l’espoir de la rémission et la peur de voir les tumeurs réapparaître.

Luke Allnutt nous offre un portrait de famille troublant de réalisme. Comment ne pas s’attacher au petit Jack, fan de Spider-Man et accro aux sandwichs au fromage ? À travers le regard de Rob on découvre aussi ce qui se cache derrière la froideur d’Anna, ses failles et tous les détails de leur vie de couple qui nous la rendent attachante.
La relation qu’ils entretiennent est à la fois douce, drôle et touchante. On aime également Rob et ses projets fous, ses espoirs et sa vision du monde. Je me suis beaucoup retrouvée dans ce personnage qui m’a fait ressentir une foule de sentiments.

Même si on devine assez rapidement l’issue du roman, on s’accroche à l’espoir, celui de Rob, celui d’un happy end peut-être encore possible. Certains passages sont écrits de main de maître et vous coupent le souffle par leur abrupte authenticité. Malheureusement, le récit souffre de quelques inégalités, si certaines scènes sont sincèrement émouvantes, d’autres m’ont parue un peu de trop. Sans tomber dans le pathos complet, Luke Allnutt cherche clairement à nous tirer des larmes, ce qui n’a pas toujours marché avec moi tant ça m’a paru parfois un peu forcé.

Le ciel est à nous n’en est pas moins agréable à lire. L’auteur parvient à traiter le thème de la maladie et plus particulièrement du cancer sans tomber dans les clichés. Sa vision très réaliste des évènements nous fait vivre toute l’horreur de cette maladie multiforme qui atteint bien trop de monde. Luke Allnutt nous place face à la cruauté qui oblige à accepter l’inacceptable tout en gardant une véritable luminosité dans son histoire. Il réussit donc avec un certain succès à marcher sur la ligne dangereuse et instable du roman tragique porteur d’espoir.

En Bref :Le ciel est à nous est un roman bouleversant porté par des personnages authentiques et un magnifique message d’espoir. Si quelques passages m’ont parus de trop, je ressors tout de même de cette lecture avec le sentiment qu’elle me marquera pendant longtemps.
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 21-04-2018

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