Chronique
Le dieu oiseau
 Roman  Fantasy   Adultes 
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l’île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d’orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires.
Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d’avenir est de participer à la compétition de « l’homme-oiseau », afin de renverser l’équilibre des pouvoirs en place et de se venger.
Qui du maître ou de l’esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l’île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?
, 29-03-2018 336 pages / 16.9 €

Dix ans auparavant, Faolan a vu sa famille massacrée – subir viols, meurtres et anthropophagie – devant ses yeux lors du Banquet du Bras-de-fer, le clan vainqueur de la compétition qui donne le pouvoir et la suprématie pour une décennie. Sauvé par Torek, le fils du clan, Faolan vit depuis en esclave dans la peur de son impitoyable maître. Mais une nouvelle compétition va s’ouvrir, offrant à tous la possibilité de devenir le chef de l’île. Faolan voit enfin une ouverture pour se venger et compte bien tout mettre en œuvre pour ressortir victorieux de ces épreuves.

Quatrième roman d’Aurélie Wellenstein, l’autrice nous emmène cette fois-ci dans une histoire inspirée de la fête de Tangata Manu qui avait lieu sur l’île de Pâques. Elle y ajoute un enjeu crucial : la survie des clans et des épreuves aussi terribles que brutales. On retrouve le côté très sombre et violent des romans de l’autrice et cette intensité qui nous tient de la première à la dernière page.

En effet, Aurélie Wellenstein ne s’embarrasse pas de longues contextualisations : elle se contente de nous exposer l’essentiel et de nous plonger dans l’action. C’est efficace, et même si on ne connaît pas tout de l’histoire de l’île, les explications fournies sur la compétition et les descriptions de l’environnement suffisent largement.
On s’attarde d’ailleurs plutôt sur la psychologie des personnages et plus particulièrement celle de Faolan. Là encore, on retrouve les « codes » d’écriture de l’autrice puisque Faolan s’avère être un antihéros à l’esprit sombre et un torturé. Il est même parfois trouillard et n’est pas vraiment doué dans la plupart des situations qui demandent un peu de physique. Difficile de s’attacher à ce garçon malgré son passé douloureux. Il n’en reste pas moins un personnage fascinant à suivre tant au niveau de son histoire périlleuse que de son évolution.

Question intrigue, nous avons affaire au classique battle royal très vu dans les romans dystopiques type Hunger Games. Aurélie Wellenstein sait le tourner à son avantage en gardant une partie des réflexions intéressantes du genre sur le meurtre et l’amitié. Elle y ajoute également une originalité remarquable en piochant dans les rites polynésiens. Ce genre d’univers est très rare dans la fantasy et ça fait un bien fou de lire un roman qui se détache des codes habituels.
Si le Dieu Oiseau n’aura pas été un coup de cœur, j’ai tout de même passé un excellent moment. Aurélie Wellenstein confirme sa place d’autrice talentueuse qui sait faire d’un one shot un monument de la fantasy.

En Bref :Entre noirceur et violence brute, Le Dieu Oiseau vous mènera dans un récit haletant aux côtés de Faolan. On notera l’originalité de l’univers inspiré des mythes et rites polynésiens ainsi que la psychologie fascinante des personnages qui n’ont pas fini de vous surprendre.
5 / 5 5 / 5
©Chronique écrite par , le 16-06-2018

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Nathalie

J’ai bien aimé aussi, même si j’avoue avoir été surprise par la violence qui se dégage de cette histoire !