Chronique
Le Faiseur de Rêves, Tome 1
 Roman  Fantasy   Adolescents 
Il est une ville, au centre du désert, où nul n'a le droit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois d'interminables caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde... Pire encore, un soir d'hiver, le nom de ce lieu de légende s'évanouit en un clin d'oeil de la mémoire de tous - Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans à peine, ne fait pas exception à la règle.
Frappé au coeur, le petit garçon restera irrémédiablement fasciné par cette énigme. Quinze ans plus tard, il travaille dans la plus grande bibliothèque du monde, à Zosma, en rêvant de fabuleuses découvertes quand, de la Cité oubliée, émerge tout à coup une curieuse expédition venue recruter les meilleurs scientifiques du continent. Pourquoi diable s'obstiner à réunir ces esprits éminents ? Mystère...
Et pourquoi Lazlo voit-il donc ses songes se peupler de visions étranges - à commencer par une déesse à la peau bleue pourtant assassinée, des années plus tôt, par les habitants de la ville interdite ? Qui est-elle vraiment ? Comment le jeune homme, qui ignore tout de sa légende, peut-il bien la voir en rêve ? Rien de tout cela n'est possible, bien sûr - mais pareil détail a-t-il jamais empêché un rêveur de rêver ?
, 19-04-2018 670 pages / 16 €

Lazlo est orphelin, moine puis bibliothécaire, mais avant tout rêveur. Depuis son enfance, il s’imagine guerrier pour une cité dont tout le monde semble avoir oublié le nom. Fasciné par cette ville de légende, il entreprend de nombreuses recherches à son sujet avec l’espoir secret de pouvoir un jour la voir. Jusqu’au jour où une délégation venant de la ville en question apparaît pour monter une équipe pour la ramener à Désolation. Lazlo est prêt à tout pour se joindre à l’aventure.

Le Faiseur de rêves est un bon roman de fantasy qui surprend d’abord par son univers riche à couper le souffle tant il est visuel. C’est en effet ce qui m’a le plus étonnée : réussir si aisément à imaginer désolation et ses alentours. Laini Taylor possède aussi une belle plume qui ne faiblit jamais et fait immanquablement penser aux contes de fées de notre enfance.

L’intrigue que l’autrice pose est également rafraîchissante d’originalité. Elle crée un univers, une mythologie où tout se tient et qui sort de l’ordinaire. On rencontre donc Lazlo, véritable antihéros, qui n’était pas forcément prédestiné à faire partie de l’aventure. Le jeune homme est sympathique, bien qu’un peu naïf, et on se prend facilement d’affection pour lui.
Et puis, il y a Sarai, Déesse à la peau azur qui possède un don étonnant et effrayant. Je n’en dis pas plus sur les conditions dans lesquels elle est, je trouve cela mieux de le découvrir durant la lecture.

Si j’ai apprécié Lazlo pour sa simplicité et sa personnalité, je n’ai pas du tout accroché avec Sarai qui m’a très rapidement agacée. Et vous vous en doutez, avec tout ça, il y a une romance. Dès qu’elle se met en place, j’ai déchanté. C’est d’une mièvrerie atroce, j’ai lutté pour ne pas passer certains chapitres qui me donnaient l’impression de naviguer dans une mer de guimauve gluante.
Étonnamment, Laini Taylor gère pourtant très bien les autres relations. C’est crédible, ça évolue d’une manière très humaine et on apprécie découvrir ce qui lie les différents personnages.
Mais cette romance, mes aïeux ! C’est… dégoulinant. Et s’il y a bien une chose qui m’agace dans les romans, c’est l’amour sans faille au bout de trois chapitres (littéralement). De fait, le couple n’a absolument aucune intensité. Ils sont vite très ennuyeux et desservent un récit qui promettait pourtant du très bon.

J’ai aussi – malheureusement – compris très rapidement l’une des grosses révélations du roman. Pour le coup, je ne sais pas si j’ai eu du flair ou si c’est juste que les indices sont tellement énormes dès le début que ça en devient vite facile à repérer.

Si l’on excepte ces défauts, Le Faiseur de Rêves place doucement les clés et les bases de son histoire sans nous laisser tomber dans l’ennui. En effet, le récit est ponctué de petites scènes rythmées qui apportent de la matière au roman.
Un second niveau de compréhension amène également à penser la différence dans une belle apologie à la tolérance. Le message est émouvant et bien traité.
Même si je ressors mitigée, la scène finale et l’univers font que je lirai quand même le deuxième et dernier tome de cette série en espérant que la romance sera un peu plus atténuée.

En Bref :Le Faiseur de Rêves est un roman dont j’attendais beaucoup et qui m’a finalement déçue. Malgré un magnifique univers et un héros attachant, ma lecture a été entachée par une romance trop présente et trop niaise à mon goût.
3 / 5 3 / 5
©Chronique écrite par , le 26-08-2018

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