Chronique
 Roman  Contemporain   Adultes 
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher. Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il? Le Grand survivra-t-il? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ?
, 09-10-2014 108 pages / 11 €

Ils sont deux : le Grand et le Petit, des frères au fond d’un puits qui doivent survivre face aux éléments, à la faim et à la solitude. On ne sait pas vraiment comment ils sont arrivés là, on ne peut que se poser des questions et observer cette lutte longue et difficile pour la survie. L’un d’eux réussira-t-il à survivre ?

Le puits est un roman très court que j’ai lu d’une traite en seulement une heure et demi et je dois dire qu’il m’a pas mal perturbée. L’ambiance est très lourde, difficile à lire, et Ivan Repila possède indéniablement un grand talent pour développer une atmosphère malsaine qui tend progressivement vers la folie. Le lecteur est ici spectateur impuissant face à la fin cruelle qui pèse sur les deux enfants.

Le huis clôt est très pesant mais bien mené. Les jours se succèdent et, petit à petit, on en perd le compte au même titre que le Grand et le Petit qui ne veulent plus qu’une chose : survivre. Lorsque la maladie et la folie s’en mêlent, ce n’est que pour appuyer encore un peu sur l’horreur de la situation.

Malgré tout, je n’ai pas apprécié les personnages. Peut-être parce que rien ne permet de les identifier, de savoir qui ils étaient avant. Ivan Repila insiste sur le moment présent à l’instar d’un conte sans repaires géographiques ou nominatifs. Au final, son roman, même court, est très difficile à lire puisqu’il manque d’humanité. Les enfants sont livrés à eux mêmes et retournent dans un état presque sauvage, l’amour fraternel est présent mais d’une façon brutale et sèche et on ne parvient pas à s’inclure dans l’histoire. Pour moi, lire ce livre a été comme regarder un court métrage sur l’enfermement. Quelque chose de perturbant et d’éprouvant qui possède une grande profondeur mais qu’on ne peut qu’observer sans s’y impliquer.

En Bref :Si Ivan Repila retranscrit parfaitement l'impression de touffeur et la lente progression vers la folie dans son roman, j'ai quand même eu beaucoup de mal à m'y plonger en raison du thème très dur qui m'a mise mal à l'aise.
Je trouve cependant que Le puits est très bien écrit et si vous voulez un petit moment glauque, il saura vous satisfaire.
2 / 5 2 / 5
©Chronique écrite par , le 03-12-2014

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Anonyme
Anonyme

Bonjour ! L'art, il me semble, n'est pas que dans la beauté. J'ai trouvé ce livre juste, fort et je l'ai comme vous, "lu d'une traite". On y est comme forcé, par notre humanité ou son opposé. Le Puits crée des émotions, quelles qu'elles soient, mais rudes, nettes, franches. Il appuie très justement sur une douleur humaine sur laquelle il ne faut pas fermer les yeux. C'est un conte sur l'amour au delà de la raison, un amour salutaire. Repila… Read more »

Anonyme
Anonyme

Bonjour, Merci pour vos mots. Je crois que nous avons des sentiments tout à fait similaires sur cette oeuvre:J'ai été, comme vous, un observateur impuissant, rageant même de ne pouvoir intervenir.J'ai lu sans pouvoir rien y faire. J'ai vu l'effroi.Et c'était dur.Et ce malaise éprouvé m'a rassuré. Car il figure par sa présence que ce n'est en rien ce que je suis, ce n'est en rien ce que Nous sommes. Des êtres mauvais. L'amour du Grand sonne, pour moi, comme… Read more »