Chronique
Les Stagiaires
 Roman  Contemporain   Adultes 
Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d'horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l'édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l'industrie créative. Une réalité s'impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d'élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives. Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne.
Etudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu'on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. à leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro... Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s'entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?
, 20-03-2014 350 pages / 18.2 €

Ophélie vient de décrocher le gros lot : un stage d’assistante de communication chez Pyxis, une boîte dynamique qui publie des mangas, crée des jeux et a une énorme cote de popularité. Pour ce stage à Paris, la jeune femme doit quitter Rennes et son petit ami pour passer six mois dans la capitale qui lui réserve bien des surprises et des complications.
Arthur, bobo parisien aux mœurs douteuses a lui aussi décroché un stage dans l’enseigne de rêve. Prêt à enchaîner soirées de débauches et longues journées de travail, Arthur prend rapidement Ophélie pour cible de son petit jeu de séduction.

Les Stagiaires nous plonge instantanément dans la réalité du travail. Le roman s’ouvre sur deux entretiens d’embauches aux questions identiques qui nous mettent dans le bain de Pyxis : une boîte à l’apparence ouverte et chaleureuse qui s’avère finalement sans pitié.

On gravite donc autour des stagiaires de l’entreprise, outre Ophélie et Arthur on découvre Alix, la geek pétillante, Vincent, le mâle en manque, Hugues, le confident discret et Enissa la Bimbo.
Si on apprécie aisément Ophélie qui lutte pour trouver sa place et est en plein questionnement sur son avenir et son identité ; il est beaucoup moins évident d’aimer Arthur. En effet, ce dernier est le stéréotype du garçon beau, riche, qui veut sauter sur tout ce qui bouge même s’il a une copine. Ophélie devient d’ailleurs très rapidement sa cible et son attitude de prédateur provoque un certain malaise chez le lecteur. Pourtant, on comprend aussi qu’Arthur possède des failles derrière son apparence de jeune premier, mais ça ne rattrape pas l’énervement qu’il provoque.

Les chapitres avec Ophélie sont finalement des bouffées d’air pour échapper à Arthur et le parcours de la jeune femme se dévore à une vitesse folle. On découvre ses espoirs, ses désillusions face à la machine Pyxis, ses doutes et son incroyable capacité à aller de l’avant quoiqu’il arrive.

Samantha Bailly nous fait finalement à travers ce roman un portrait cru et tristement réaliste de ce qu’offre le monde du travail aux jeunes aujourd’hui. En tant que femme de 27 ans qui est passée par toutes ces étapes, j’ai retrouvé beaucoup de mes propres réflexions sur ce monde en pleine mutation qui est sans pitié.
On comprend donc le besoin des stagiaires de sortir, d’être ensemble et de partager leurs multiples déboires autour d’un verre. L’aspect « fête tous les week-ends et alcools à flot» est d’ailleurs très présent dans l’histoire. Ce n’est pas quelque chose que j’affectionne en général, mais il est compréhensible dans ce contexte. On sent ce besoin impérieux de décompresser chez les différents personnages et on ne peut que le concevoir. J’ai en revanche un petit bémol sur l’aspect “drogue” et la vision presque positive de cette dernière… Comme si la drogue et tester ses limites était parfaitement normale pour des jeunes d’une vingtaine d’année. Ça m’a un peu dérangée, car je suis persuadée qu’on peut vivre sans se déchirer à l’alcool et à divers substances illicites.

Question écriture, comme à chaque roman de Samantha Bailly, je suis séduite par sa plume simple, mais efficace qui allie un certain peps et une maîtrise indéniable.

En Bref :Les Stagiaires est un roman d’actualité porté par une belle dynamique et une écriture à l’efficacité redoutable. Si l’on ne parvient pas à aimer le personnage d’Arthur (fait à mon avis pour être détesté), on apprécie cependant Ophélie, plongée dans sa quête d’indépendance et de réussite.
4 / 5 4 / 5
©Chronique écrite par , le 30-03-2017

Poster un Commentaire

4 Commentaires sur "Les Stagiaires"

avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
wpDiscuz