Chronique
L’histoire sans fin
 Roman  Aventure   Fantasy   Adolescents   Pré-ados 
À première vue, Bastien Balthasar Bux n’a rien d’un héros. Les héros sont grands, beaux et forts. Les héros ne courent pas sous la pluie pour se réfugier dans les librairies obscures et échapper ainsi à leurs camarades de classe. Ils ne volent pas non plus les vieux livres pour aller les dévorer dans les greniers de l’école… Bastien n’a pas pu résister. C’est comme si ce livre l’appelait. Son titre ? L’Histoire sans fin. Le garçon plonge dans un univers peuplé de mille créatures étonnantes : elfes nocturnes chevauchant des chauves-souris, Mange-Pierres, escargots de course, tortues millénaires et lions multicolores, Atréyu, l’enfant guerrier sans peur et Fuchur, son fidèle Dragon de la Fortune… Toutes vouées à disparaître, avalées par le Néant, ce mal mystérieux qui ronge le Pays Fantastique. Bastien se trompait. Lui aussi a l’étoffe d’un héros. Et avant la dernière page du livre, son rôle lui sera révélé…
, 29-10-2014 520 pages / 19.9 €

Bastien est un petit garçon de dix ans un peu enrobé, ce qui lui vaut les moqueries et une forme de persécution de la part ses petits camarades d’école. Un jour, alors qu’il se réfugie dans une librairie, il lui vient la subite envie de voler le livre que lisait le vieux libraire : ce livre est fait pour lui, il le sent, il le sait. Bastien s’enfuit, pris de panique suite à son méfait, il va s’enfermer dans le grenier de l’école pour se plonger dans son roman. Dans ce dernier, le jeune Atréyu est dôté d’une mission : sauver le Pays Fantastique du néant qui grignote progressivement les contrées existantes ainsi que la santé de la Petite Impératrice qui décline en même temps que son univers. Au fur et à mesure que les pages se tournent, il semblerait que le jeune Bastien ait également son rôle à jouer dans cette histoire…

L’histoire sans fin est un classique de la littérature jeunesse que je me devais de lire. Je pense avoir vu les films quand j’étais petite, mais le seul souvenir que j’en avais était l’image d’une espèce de grosse bestiole blanche qui vole. (Grosse bestiole blanche qui s’avère être un Dragon de la Fortune.) J’ai donc totalement redécouvert l’histoire qui correspondait plutôt bien à cette période de fin d’année un peu féérique et magique.

Tout d’abord, je ne peux que saluer l’objet magnifique qu’a réédité Hachette. Le livre est cartonné, attractif, les illustrations de Joseph Vernot sont vraiment agréables et restent toujours dans des tons bleus et l’alternance des couleurs de polices entre l’histoire de Bastien et celle d’Atréyu permet de suivre facilement les changement de temporalité. Il n’y a pas à dire, un tel livre aura du mal à passer inaperçu.

Pourtant, j’ai eu des difficultés à apprécier l’ensemble de l’histoire. Si j’ai adoré toute la première partie concernant la quête d’Atréyu, j’ai vite déchanté lorsqu’est venu le tour de Bastien d’entrer en scène. Bastien devient rapidement imbuvable et sa personnalité change progressivement au point qu’on lui donnerait volontiers quelques claques.

Le duo Bastien / Atréyu est toutefois intéressant à suivre grâce à diverses évolutions dans le récit. Car, heureusement, Atréyu et Fuchur, son fidèle dragon restent des personnages très présents dans le récit et on reste très attaché à eux jusqu’au bout.

Je reprocherai également que les antagonistes ne sont finalement jamais très difficiles à vaincre et n’ont pas beaucoup de charisme. Je n’ai donc pas ressenti que les personnages vivaient un danger imminent et ça m’a un peu gênée durant ma lecture.

Cette seconde partie possède donc plusieurs défauts, dont le fait qu’elle m’a parue parfois vaguement interminable, le rythme est lent, on s’abandonne essentiellement à la contemplation et j’ai bien cru que cette histoire allait être sans fin pour moi aussi…

Cependant, ce roman reste un bijou d’écriture. Michael Ende a créé un univers fantastique très complet, ce qui le rend d’autant plus appréciable. Sa plume est agréable à lire et j’ai trouvé ses descriptions très complètes, on n’a aucun problème à imaginer les lieux dans lesquels les héros évoluent. L’auteur fait également une forme d’ode aux livres et à l’imaginaire, et j’ai apprécié la morale qui relie l’Homme aux histoires et au besoin de création et de lecture.

En Bref :L’histoire sans fin est un « must read » de la littérature jeunesse malgré quelques petits points négatifs en particulier à cause de la seconde partie de l’histoire (héros énervant, rythme très lent et antagonistes trop peu charismatiques).
J’ai beaucoup apprécié l’écriture poétique de Michael Ende tout comme le monde unique et très facile à s’imaginer qu’il a créé.
4 / 5 4 / 5
©Chronique écrite par , le 01-01-2015

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PhebusajulieLe Chat du CheshireParole De LeaFlora Recent comment authors
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Phebusa

L'objet livre est magnifique, en effet.
Je ne suis même pas sûre d'avoir déjà vu le film alors je me dois de sortir ce classique de ma PAL très bientôt… 😉

julie

C'est un très bon livre a lire . je l'ai beaucoup aimé et je relirai avec plaisir.

Le Chat du Cheshire

J'ai seulement vu le film, que j'avais adorée enfant. Je l'ai revu il y a quelque temps en vo, et la magie n'a pas cessé de faire effet, malgré certains effets un peu kitsch 😉 !

Parole De Lea

C'est vrai que la réédition est magnifique et donne vraiment envie de se plonger dans le livre !
J'ai beaucoup regardé le film, enfant ^^

Flora

Je me souviens que le film m'avait TRAUMATISEE. Rien de moins. Et que j'avais trouvé ça sans fin. Mais je suis très curieuse de découvrir le roman, d'autant plus que l'objet est maaagnifique… Bref, je note !