Chronique
L’île des disparus, Tome 1 : La fille de l’eau
 Roman  Fantastique   Policier   Adolescents 
La timide Tuva, douze ans, n’a pas grand-chose en commun avec ses camarades de classe. Elle préfère rester seule et ne se sent bien que sur l’île de Harö où elle habite, dans l’archipel de Stockholm, dont elle connaît chaque recoin, chaque skerry.

Mais, alors que l’automne arrive et que les touristes s’en vont, le changement se profile dans ce petit coin de calme et de nature. Des gens disparaissent en mer sans laisser la moindre trace, des ombres se cachent sous les vagues et d’étranges créatures apparaissent dans les arbres. Lors d’une sortie scolaire, l’un des camarades de Tuva s’évapore à son tour.

La jeune fille se retrouve embarquée dans un terrible mystère, au cœur de l’épais brouillard qui s’est abattu sur l’archipel, là où les vieilles superstitions des marins rencontrent la mythologie nordique…
, 08-02-2018 315 pages / 16.95 €

Tuva vit sur l’île de Häro au cœur de l’archipel de Stockholm avec son père et sa mère. Elle va à l’école chaque jour en prenant la navette d’Östermann et se rendre sur l’une des îles voisine. Tuva déteste ces moments sur l’eau, elle sent que quelque chose se cache dans les profondeurs et s’imagine le genre de créature qui s’y tapit, elle frissonne en pensant aux cauchemars qui la réveillent toutes les nuits. Lorsqu’Axel, un de ses camarades de classe, disparaît en pleine course d’orientation dans des circonstances mystérieuses, la jeune fille sait qu’elle a vu quelque chose dans la forêt. Fruit de son imagination ou réalité ? Que peuvent bien cacher les îles et la mer qui les entourent ?

Viveca Sten, connue pour ses intrigues policières pour adultes, s’essaye ici au roman jeunesse et à une écriture à quatre mains avec sa fille : Camilla. On y retrouve l’atmosphère angoissante et lourde des thrillers nordiques mêlée à une sorte d’ode aux mythes et légendes qui nous plongent rapidement dans le fantastique.

Tuva y est l’héroïne principale et la narratrice. Adolescente de 12 ans, elle peine à trouver sa place auprès de ses camarades et se retranche dans une solitude confortable. Lorsqu’Axel disparaît, elle découvre toutefois un soutien inattendu en la personne de Rasmus. Très proche d’Axel, le garçon ne vit dans l’archipel que depuis quelques mois et était également présent lors de l’étrange disparition de son meilleur ami.
Tuva est un personnage intéressant et très mature qui se pose rapidement comme une fille intelligente et courageuse. Tourmentée par ses angoisses et de terribles cauchemars, elle n’hésite pourtant pas à tout mettre en œuvre lorsque c’est nécessaire pour aider ceux qu’elle aime.
Sa relation naissante avec Rasmus est pleine de pudeur et Tuva découvre l’amitié pour ce qui semble être la première fois. Cet aspect de l’histoire est touchant, et nous emplit de tendresse pour cette jeune fille qui ne s’est jamais vraiment sentie appréciée et entourée. À l’image de tout bon récit initiatique, Tuva trouve enfin sa place, et ça commence par reprendre confiance en soi et en les autres.

À travers cette enquête fantastique, Viveca et Camilla Sten nous dressent un portrait des dures réalités de l’archipel de Stockholm : pauvreté, difficultés pour avoir une vie sociale, conditions de travail instable, dangerosité des éléments et catastrophes dues à la pollution… on découvre que la vie des insulaires n’est pas toujours une partie de plaisir. Les autrices tentent de sensibiliser le lecteur à la cause écologique, et ça me semble être un pari habilement réussi.

On ne peut aussi qu’apprécier le côté « mythes et légendes nordiques » qui s’insèrent bien dans l’histoire et font écho aux vieilles croyances des marins. (Il faut savoir qu’en Islande par exemple, ce genre de croyances ne sont pas rares et certaines personnes croient fermement en la présence d’elfes et de lutins dans la nature.)
Malheureusement, je reste pour ma part un peu sur ma faim. Ce premier tome est clairement introductif, mais manque d’un certain aboutissement. Quand les choses ne sont pas trop simples à deviner, elles sont expliquées bien trop rapidement. De plus, Tuva ne se pose jamais vraiment de questions. Elle croit tout sans remettre en cause les évènements ou sa propre santé mentale. Les autrices empruntent donc bien trop souvent à mon goût le sentier de la facilité. Cela a un peu entaché mon expérience de lecture, mais L’île des disparus n’en reste pas moins un roman sympathique à découvrir porté par un vrai dynamisme et un bon suspens.

En Bref :Roman fantastique aux accents policiers (ou l’inverse selon le point de vue), L’île des disparus nous plonge dans une atmosphère oppressante réussie qui côtoie les mythes et légendes nordiques. S’il se laisse lire facilement, le roman est tout de même trop superficiel à mon goût. Il séduira toutefois les jeunes lecteurs en quête de récit initiatique original et leur livrera un message écologique important et pertinent.
3 / 5 3 / 5
©Chronique écrite par , le 27-03-2018

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