Chronique
L’Opéra Macabre
 Roman  Fantastique   Adultes 
On a beau être vampire,on n’en est pas moins femme…
Des maisons closes d’Alger aux dédales de Bombay, des ruelles sombres de Séville aux bûchers funéraires de Bénarès, les créatures de la nuit ne cessent d’envoûter les humains qui croisent leur route. Mais aujourd’hui comme hier, Carmilla, la sublime danseuse de flamenco vampire, ou Mâra, la Déesse écarlate, qui fut l’amante du Prince des Démons avant de devenir la favorite de nombreux maharadjahs, restent femmes jusqu’au bout des ongles : leurs passions et leurs vengeances sont implacables, surtout lorsqu’elles se piquent d’aimer des tueurs de vampires ou d’exterminer les buveurs de sang assez fous pour les combattre.
Entre l’or rouge et la magie noire, la crasse des théâtres et les sortilèges des palais indiens, la guerre du sang s’annonce plus funeste que jamais…

Voici enfin Rouge flamenco et La Déesse écarlate (prix Ozone 1998) réunis en intégrale, dans une édition entièrement revue et corrigée.
, 12-07-2013 528 pages / 25 €

Ce roman nous amène dans les méandres d’une histoire vampirique. On y retrouve les codes habituels des vampires auxquels on était habitués. Ceux qui boivent du sang d’humains, brûlent au soleil et sont sans pitié. Bien loin d’un Edward qui brille au soleil et est « végétarien », on renoue avec un imaginaire tiré des mythes originels, mais aussi d’Anne Rice connue pour sa saga des vampires. Ici, nous suivons deux femmes, qui, bien que vampires continuent à montrer des sentiments qui vont de la haine viscérale à l’amour passionnel.

Exceptionnellement, puisque L’Opéra Macabre est un intégral regroupant deux tomes, Rouge Flamenco et La Déesse écarlate, je vais faire deux chroniques en une. En effet, je pense qu’il me serait difficile de faire une seule et même appréciation de deux histoires qui sont très différentes, bien que liées. Je terminerais avec un point global sur le style de l’auteur.

Rouge Flamenco

On y suit l’histoire de Carmilla, vampire transformée dans un bordel en Algérie. Elle recherche depuis des années sont créateur qui n’a pas laissé de traces depuis qu’il l’a fait renaître sous le signe de l’immortalité. Vivant en marge de ses congénères, elle cherche à trouver un substitut au sang ce qui lui vaudra des ennemis mais aussi de nouveaux amis qui pourront peut être l’aider dans sa recherche pour savoir qui est son « père ».

Plusieurs personnages vont se croiser tout au long de cette histoire. Des vampires comme Johannès, un personnage sympathique et agréable, Dragon, un vampire ambigu dont on ne comprend pas tout ou Mâra qui a longtemps partagé sa vie et son lit avec Carmilla. Mais on va également découvrir des humains comme Ivan qui désire plus que tout voir Carmilla comme héroïne de son film. Je me suis plutôt attachée à Ivan dès son apparition mais pas trop aux autres personnages. Je pense qu’ils m’ont laissée indifférente…

La construction du roman alterne parfois avec des passages du passé, notamment la deuxième partie centrée sur l’histoire de Carmilla en tant qu’humaine puis en tant qu’Imortelle. J’ai souvent eu du mal à me rendre compte de la transition entre le passé et le présent. Les changement sont parfois très subtils et ne transparaissent que par des modifications de temps. J’ai parfois été embrouillée par ce manque d’indications entre les deux temporalités et j’ai trouvé ça dommage. Ceci dit, l’intrigue qui imbrique trois lignes directionnelles est plutôt bien trouvée et on prend plaisir à découvrir si Carmilla va réussir à se sortir de certaines mauvaises passes. Malgré le manque d’action j’ai passé un bon moment de lecture dans ce monde vampirique et sanglant.

La Déesse Ecarlate

Dans ce second tome on y retrouve Mâra, rentrée en Inde après l’épisode avec Carmilla. On découvre également Jonathan, un jeune français d’origine indienne plutôt tourmenté qui est la recherche de ses origines. Carmilla n’apparaitra que vaguement et uniquement sous forme d’allusion. Mâra est complètement bouleversée par la redécouverte de son pays natal qui est complètement transformé par la modernité. Le jeune Jonathan, quant à lui, va être amené à enquêter sur une étrange secte sanglante qui a enlevé Loraine : sa petite amie.

Les différentes parties vont permettre d’alterner entre ces deux protagonistes et de suivre leurs enquêtes et leurs histoires dont on ne comprend pas tout de suite l’enjeu. J’ai plutôt apprécié suivre Mâra et un peu moins Jonathan, j’ai trouvé qu’il était parfois un peu énervant. Je ne peux pas vraiment parler des évènements qui les réunissent parce que ça enlèverait une grande partie de l’intrigue, bien que le lien entre la vampire et le jeune homme soit plutôt facile à deviner dès le début.

La plupart du récit se déroule en Inde, un pays qui ne m’attire pas plus que ça… Malgré tout j’ai trouvé agréable de connaître un peu les divinités Hindoues qui auront un rôle à part entier dans l’intrigue. Par contre je me suis un peu perdue entre les différents Dieux et j’ai du regarder Wikipédia pour les visualiser et les fixer pour de bon dans mon esprit. Cette fois ci il n’y a pratiquement pas de temps morts mais je me suis quand même parfois ennuyée. J’ai eu énormément de mal à lire les dernières pages, je n’arrêtais pas de le reposer parce que je n’arrivais pas à avoir de l’intérêt pour ce roman. En revanche, les retours dans le temps pour expliquer, notamment, le passé de Mâra m’ont paru plus maîtrisés et un peu mieux intégrés dans le texte.

Parlons maintenant du style de l’auteur. Je pense que c’est ce qui a fait que j’ai eu tant de mal à m’intéresser autant au premier roman qu’au second. Bien qu’ils soient tous les deux très bien menés avec une intrigue intéressante, je n’arrivais pas toujours à savoir où j’en étais dans ma lecture. Les dialogues sont trop brouillons, alternant des paroles actives et passives, qui m’ont parfois complètement perdues dans le texte. Ce dernier est très travaillé, peut-être trop à mon goût. Les phrases sont complexes et l’auteur change parfois le nom du personnage avec un surnom, ce qui n’aide pas forcément à la compréhension. J’aurais aimé un style plus simple qui aurait mieux desservi des intrigues qui sont elles même compliquées.

En Bref :Une édition intégrale qui me laisse un sentiment très mitigé entre l’appréciation d’un travail colossale de la part de l’auteur sur le texte et l’intrigue, mais une complexité qui m’a posé des problèmes de compréhension. Cependant j’ai trouvé que le tout était très bien mené et c’est plaisant de découvrir peu à peu ce qui relie les évènements et les personnages.
3 / 5 3 / 5
©Chronique écrite par , le 23-07-2013

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Luna

La couverture donne vraiment très envie ! Dommage que l'histoire ne t'ait pas davantage convaincue…

Phebusa

J'adore les vampires, ça tombe bien ! Ce tome m'a l'air bien construit, même s'il est dommage que les dialogues soient un peu brouillon. Bon, ça a l'air d'être un bon pavé donc j'attendrai encore un peu pour me lancer et me faire mon propre avis 🙂

Loise Oliva

Tu en es venue à bout ^^
Bon, je ne suis pas fan des vampires (un peu ça va…), encore moins sanglants…
Ce sera sans moi =)

Anne-C

Je ne connaissais pas trop et même s'il me tente un peu je vais patienter, j'ai beaucoup trop d'autrespriorités ^^

Pinklychee

J'ai lu ces livres il y a assez longtemps, quand ça s'appelait encore "La trilogie en rouge". Autant je me rappelle avoir apprécié le premier tome, autant je m'étais ennuyée pendant la lecture du second…
Malheureusement, je ne pense pas me procurer le troisième tome, ni relire les deux premiers, je n'en garde pas un assez bon souvenir pour ça :/