Chronique
Passenger, Tome 1
 Roman  Fantastique   Romance   Adolescents 
À New York de nos jours, Etta s’apprête à jouer du violon pour un gala au Metropolitan Museum. En coulisses, elle tombe dans un couloir du temps qui la conduit sur un navire dans l’océan Atlantique en 1776. Elle y rencontre Nicholas, qui la suivra à New York en 1776, puis à Londres en 1940 avant Angkor en 1685, Paris en 1880, en passant par les ruines de Palmyre et Damas en 1599. Chaque lieu, chaque époque leur permet de trouver un indice dans leur quête de l’astrolabe, et de se rapprocher un peu plus.
Etta comprend peu à peu qu’elle appartient à la grande famille des voyageurs dans le temps, et qu’elle doit affronter le terrible Cyrus Ironwood, qui manipule le temps à différentes époques pour mieux servir ses intérêts.
, 22-02-2017 480 pages / 17.9 €


Henrietta Spencer dite Etta est considérablement angoissée. Elle s’apprête à faire sa première performance en solo en tant que violoniste lors d’un gala au musée du MET à New York. Poussée par Alice, sa professeur et une amie de la famille, Etta tient à faire ses preuves et montrer au passage sa valeur à sa mère qui semble peu concernée par sa fille. Mais la soirée tourne vite au cauchemar et Etta se voit embarquée par l’une des musiciennes dans une course effrénée qui se soldera par une perte de connaissance. Quand la jeune femme se réveille, elle n’est plus dans le New York de 2015, mais sur un bateau en 1776. Pour couronner le tout, l’acerbe Sophia Ironwood et Nicholas, le beau capitaine, ont pour mission de la mener devant le patriarche des Ironwood au plus vite.

Passenger fait parti de ces romans young adult qui ont tellement fait parler d’eux dans les pays anglophones qu’on veut se jeter dessus dès leur sortie pour comprendre les raisons d’un tel engouement. C’est donc évidemment ce que j’ai fait, et la déception n’en est que plus grande.
Je m’attendais à lire un roman bourré d’actions et de voyages dans le temps comme je les aime ; j’ai finalement fait face à une romance avec un vague fond de fantastique. Et quand je dis « romance », c’est celle qui est bien lourde avec amour au premier regard et émoi interminable au moindre effleurement.

Car dès qu’Etta voit Nicholas, et inversement, c’est le coup de foudre, que dis-je, le big bang suivit du désalignement des planètes et de la fin de l’univers tel qu’on le connaît. Pourtant, les deux jeunes gens viennent de mondes totalement opposés et leur idylle s’avère impossible dans ce contexte.
Dès leur rencontre, le roman m’a paru d’une lourdeur et d’une niaiserie infâme. L’histoire avance, certes, mais on n’échappe pas aux regards en coin, à l’envie de tâter les muscles, de caresser la peau soyeuse de l’autre et de respirer ses multiples odeurs corporelles. Car vous saurez que Nicholas, malgré ses mois d’errance sur un bateau sans se laver a le parfum du cuir, du rhum et de l’iode. On ne parle évidemment jamais de son haleine, j’émets des doutes sur son hygiène buccale. Quant à Etta, elle est belle, gracieuse, intelligente et elle sent bon aussi.
En général, j’aime les romances dans les romans, mais pas quand c’est à ce point ni lorsque ça finit par rendre les personnages insupportables.

En effet, en plus de parasiter le récit, l’histoire d’amour empêche d’apprécier les deux protagonistes principaux : Etta et Nicholas. Pourtant, Nicholas est un jeune homme intéressant qui possède un lourd passé et une ambivalence attachante. Il lutte en permanence contre les chaînes des Ironwood qui le maintiennent en esclavage et tente malgré tout de faire ce qui lui paraît juste. De plus, sa couleur de peau va s’avérer problématique au fil des époques, démontrant du peu d’évolution quant à la condition des noirs au fil du temps.
Si Nicholas a revêtu un certain intérêt à mes yeux, ça n’a pas été le cas d’Etta. Je l’ai trouvée caricaturale dans son rôle de jolie fille têtue et courageuse qui finit par devenir franchement pénible dès qu’elle voit (ou sent) Nicholas.

Toutefois, l’histoire construite par Alexandra Bracken est intéressante et j’ai rarement vu le concept des voyages dans le temps aussi bien exploité. Pour éviter les incohérences, l’auteur a établi des règles et des notions qui fonctionnent bien et elle parvient à nous offrir un récit qui tient la route et aurait pu être vraiment passionnant…

En Bref :Passenger est un roman fantastique qui a du potentiel, mais dont l’histoire est parasitée par une romance qui prend beaucoup trop de place et déborde de mièvrerie. On ne parvient donc pas à s’attacher aux personnages principaux et la lecture finit par devenir un véritable calvaire malgré l’excellente gestion des voyages temporels.
2 / 5 2 / 5
©Chronique écrite par , le 22-02-2017

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Ata29
Ata29

J’ai lu les Insoumis d’Alexandre Bracken (dont au passage les couvertures sont affreuses en vf) et j’avais aimé cette trilogie même si après le tome 1 Je m’étais mise à détester la protagoniste principale qui donne l’impression de s’ entêter a faire les mauvais choix. Mais c’est grâce aux personnages secondaires très attachants que j’ai vraiment apprécié cette saga. Malheureusement on y retrouve le même défaut que vous citez dans Passenger, une romance qui prend le pas sur l’intrigue originale.… Read more »

Le Chat du Cheshire

Je l’ai dans ma PAL, et il me tentait bien, mais ce que tu dit sur la romance me freine un peu…. Donc je le lirai sans doute un jour, mais ce ne sera pas une priorité 😉

Herbe Folle

Je ne sais pas si je le lirais mais en tout cas la couverture est sublime *o* (oui ce commentaire était essentiel à mon bien être tout à fait :D)

Steven

Personnellement c’est tout l’inverse que j’ai ressenti. J’ai voyagé au gré de la plume d’Alexandra Bracken que j’ai trouvé bien plus évoluée qu’avec sa précédente saga. La romance ne m’a pas gêné plus que ça et je suis déjà en train de dévorer le second tome.

Serial Bookineuse

Ah dommage moi qui avait été attirée par la couverture et le résumé qui paraissait prometteur ^^’