Chronique
Au Pays de l’Ailleurs
 Roman  Aventure   Fantasy   Adolescents   Pré-ados 
« Il était une fois une petite fille délaissée… »

Avec sa peau pâle et ses cheveux de neige, Alice détonne à Ferenwood, ce monde éclatant où les couleurs sont révélatrices d’un don magique. L’incolore jeune fille de douze ans n’a donc apparemment aucun intérêt, et les habitants de ce lieu en ont fait une paria. Aussi, lorsque Oliver lui propose de l’aider à chercher son père, la seule personne qui a toujours cru en elle, Alice accepte. Même si le garçon est son ancien ennemi de classe et que son talent consiste à tromper son monde. Même si, pour retrouver celui qui a disparu trois ans plus tôt, ils devront explorer le dangereux pays de l’Ailleurs… Un endroit où rien n’est ce que l’on croit, et où les pièges pullulent. Un endroit où ils trouveront peut-être plus que ce qu’ils sont venus y chercher.
, 13-11-2016 397 pages / 16.95 €

Alice va avoir douze ans et va pouvoir faire sa présentation devant les membres de Ferenwood. La jeune fille est heureuse d’avoir l’occasion de faire ses preuves et de montrer son talent, elle qui a toujours été rejetée par la communauté. Alors que toute la ville et ses habitants sont colorés et pleins de magie ; Alice est blanche, sans couleur, presque translucide. Et depuis la disparition de son père, même sa mère semble la trouver invisible. Plongée dans son imagination et dans ses rêves, Alice a espoir que la mission qu’on lui donnera à la fin de sa présentation sera de partir à la recherche de son père. Ainsi, elle pourra tout réparer et retrouver le seul être au monde qui semble l’aimer.

J’ai tout de suite été déstabilisée par la forme du roman puisque Tahereh Mafi nous plonge dans un conte aux allures un peu folles. C’est original et audacieux et une fois passé l’effet de surprise, j’étais contente de me lancer dans cette histoire. J’ai malheureusement vite déchanté.

Tout d’abord, le personnage d’Alice est très rapidement agaçant. Elle est trop dans l’excès constant et son côté capricieux n’aide pas à s’y attacher. Elle a en plus de ça une forte tendance à être condescendante et ne pas écouter ce qu’on lui dit. Pourtant, Alice garde un petit aspect touchant, notamment dans la profonde tristesse qui l’anime depuis la disparition de son père trois ans plus tôt. Le rejet des autres face à sa différence est également très fort, ce qui peut en partie expliquer son comportement. Malgré tout, je n’ai pas réussi à l’aimer et il en a été de même pour son compagnon d’aventure : Oliver.
Le jeune garçon est borné et cultive un côté mystérieux qui devient rapidement énervant. Le duo qu’ils forment n’est donc pas accrocheur et souffre d’une relation évoluant en dents de scie qui s’avère finalement peu crédible.

Et la crédibilité, c’est bien tout le problème du roman. Il faut savoir que je n’aime pas du tout Alice au Pays des Merveilles. C’est un livre qui m’a laissé un goût amer et dérangeant face à l’absurdité de l’univers. J’ai tendance à ne pas apprécier l’absurde en général car je trouve que c’est une bonne excuse pour faire n’importe quoi. A mon grand regret, Au Pays de l’Ailleurs est non seulement un hommage clair au classique de Lewis Carroll ; mais il joue sur les mêmes codes.

Tahereh Mafi met au point un univers magique où le nonsense est roi. De plus, l’intrigue est inégale et avance d’une manière non linéaire. Les personnages rencontrés sont fades, sans saveur malgré leur apparente originalité et pour couronner le tout, le narrateur aime beaucoup faire des commentaires. Et s’il y a bien un truc que je déteste dans un roman, c’est un narrateur omniscient qui commente les évènements toutes les trois lignes. Ça coupe l’immersion et ça m’a empêchée de me plonger pleinement dans une histoire qui souffre déjà d’une multitude de défauts.

On se retrouve également face à beaucoup de descriptions, mais assez peu de dialogues. Ça apporte une lourdeur au récit et un manque de dynamisme. On s’embourbe dans la lecture, on lutte, et on arrive enfin à la fin tant attendue qui n’est qu’une grosse déception mièvre, expédiée en trois pages et aussi absurde que le reste.

En Bref :Au Pays de l’Ailleurs est un roman saugrenu qui n’a pas su me convaincre. Je n’ai aimé ni les personnages, ni l’univers et encore moins la narration lourde et perturbante qui rend cette lecture interminable. À ne tenter que si vous êtes fan de l’absurde et/ou d’Alice au Pays des Merveilles.
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Lu en lecture commune avec Bouchon des bois et Allison Line

©Chronique écrite par , le 21-11-2016

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Mallou14lheuredelireXiouxiouEchos de MotsAudrey Recent comment authors
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Mallou14

J’aime beaucoup l’univers d’Alice au pays des merveilles et du coup, j’ai beaucoup aimé ce livre. Mais je comprends tout à fait qu’il n’ait pas plu à tout le monde 🙂

lheuredelire

J’hésitais beaucoup à le lire (j’aime bien l’auteure) mais je lis beaucoup d’avis mitigés sur ce roman, j’ai un peu peur de me lancer :/

Xiouxiou

Je te rejoins sur plein de points! 😀 Je n’aime pas du tout Alice au pays de merveilles, et en fait si j’avais lu la quatrième de couverture et prêté un peu plus d’attention au titre, j’aurais compris que c’était une réécriture xD J’ai détesté Alice, elle était vraiment insupportable! Par contre moi j’ai bien aimé Oliver, après il est possible que je m’accrochais à lui pour dire d’avancer dans ma lecture, je ne sais pas ^^ Mais je trouve… Read more »

Echos de Mots

C’est pas de l'”absurde”, c’est de la poésiiiiiiie et de l’imaginaiiiiiiire et de la foliiiiie! :'( :'(
Et pour moi, les descriptions sont très présentes, c’est vrai, mais c’est tellement magnifique <3

Audrey

Ce livre me tentait beaucoup mais du coup, ta chronique me faut douter. J’aime beaucoup Alice au Pays des Merveilles mais j’ai peur que les personnages m’agacent rapidement. Je relaie le livre au fin fond de ma Wishlit et j’attendrai plutôt qu’il soit disponible à la bibliothèque.