Chronique
Swimming Pool
 Roman  Contemporain   Adolescents 
Kasienka vient d’arriver en Angleterre avec sa mère. Elle qui n’a jamais connu que la Pologne fait sa rentrée dans un pays qui n’est pas le sien, avec des gens qu’elle ne connaît pas, dans une langue qu’elle maîtrise mal. Et le soir venu, de quartier en quartier, elle cherche son père, qui a quitté le domicile familial sans laisser d’adresse. Bref, ce pays est gris, humide, et parfois assez inhospitalier. Heureusement, il y a la piscine, il y a l’eau. Et dans l’équipe de natation, il y a William…
, 16-05-2018 256 pages / 14.9 €

En arrivant à Coventry en Angleterre, la mère de Kasienka n’a qu’une seule obsession : retrouver son mari qui a quitté la Pologne pour venir s’installer ici plusieurs années auparavant. L’adolescente intègre bien vite le collège, mais jugée sur son niveau d’anglais, elle se voit placée dans une classe inférieure. Pour s’échapper de son quotidien, elle se remet à la natation, seule bouffée d’air qui lui permet d’oublier les difficultés quelques instants.

Après le percutant Inséparables, les éditions Rageot publient cette fois un des premiers romans de Sarah Crossan : Swimming Pool. Ce roman est également en vers libres, une écriture qui peut rebuter certains, mais qui est pourtant magnifique. Il ne suffit que de quelques pages pour s’habituer à la lecture, ça ne manque aucunement de fluidité, bien au contraire, le texte glisse et sonne à merveille.

On rencontre donc la jeune Kasienka, 13 ans, qui navigue entre différents aspects de sa personnalité : la peur de blesser quand elle est face à sa mère, les problèmes d’intégration à l’école, l’étonnant courage dont elle fait preuve pour retrouver son père et la « Cassie » qui tombe amoureuse. Dans ce portrait de l’adolescence, Sarah Crossan aborde de nombreuses et diverses thématiques. Il y a la défection du père, l’immigration, le harcèlement scolaire exacerbé par de la xénophobie, la relation mère-fille et bien sûr, les fameux premiers émois amoureux.

Kasienka fait face, se bat, tente de contrer les préjugés, mais l’Angleterre est un pays peu accueillant pour une jeune polonaise. La vie de l’adolescente est donc semée d’embûches, reste que plusieurs personnages savent apporter un peu de soleil dans cette piscine ombrageuse. Il y a bien entendu William qu’elle rencontre alors qu’elle est en train de faire des longueurs, mais aussi, et surtout Kanoro, le voisin africain qui parvient à arracher quelques sourires à la mère de Kasienka.

Swimming Pool est finalement un roman vivant, assez frustrant, car il est trop court pour s’attacher pleinement à la jeune héroïne. L’adolescente nous livre un moment de vie dure et réaliste qui tranche avec la narration douce et poétique. Malgré tout, je pense que j’en attendais un peu trop. Après la claque que m’avait donné Inséparables, je me languissais de découvrir d’autres romans de Sarah Crossan. Lecture agréable, Swimming Pool ne m’a malheureusement pas marquée comme je l’espérais. Le format très court n’a peut-être pas aidé puisqu’on n’a pas totalement le temps de se plonger aux confins de nos émotions. Il n’en reste pas moins un bon roman aux thématiques essentielles que la beauté de l’écriture rend indispensable à découvrir.

En Bref :Plonger dans Swimming Pool c’est d’abord retenir son souffle devant la beauté des vers libres de Sarah Crossan (traduits par Clémentine Beauvais), puis nager dans le quotidien difficile de Kasienka pour en ressortir un peu lessivé, mais avec un petit sourire qui s’attarde sur nos lèvres.
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©Chronique écrite par , le 18-06-2018

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