Chronique
The Book of Ivy, Tome 1
 Roman  Dystopie   Science-Fiction   Adolescents 
Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.
, 05-03-2015 342 pages / 15 €

L’amour dépasse les graphiques, les diagrammes et les intérêts communs. L’amour, c’est brouillon, c’est compliqué, et c’est une erreur de refuser sa magie aléatoire.

Les États-Unis ont été ravagés par une guerre nucléaire des années auparavant. Un groupe de survivant s’est réfugié dans les murs d’une cité, protégés par des barrières électriques et autres murailles infranchissables, d’autres survivants dangereux vivant à l’extérieur.
Jusque là, on ne baigne pas dans l’originalité. Les bases dystopiques sont là, un endroit enclavé, une société qui vit en autarcie sous un système qui n’a rien de bien démocratique. En effet, deux familles s’affrontent dans ce récit : Les Westfall, descendants des fondateurs de la ville qui ont pourtant été vaincus par la famille Lattimer qui détient le pouvoir. Pour assurer un semblant de paix entre les deux camps, des mariages arrangés sont organisés chaque année entre les jeunes gens de la ville.
Ivy Westfall, l’héroïne, va devoir se marier avec Bishop Lattimer. Mais leur mariage n’est pas voué à la réussite : Ivy va devoir assassiner Bishop, laissant ainsi la possibilité à sa famille de reprendre le pouvoir sur la ville
.

Si j’ai souligné un manque d’originalité dans l’histoire, c’est pourtant pour vous dire que j’ai eu un coup de cœur. Car Amy Engel part des bases presque universelles de la contre-utopie pour nous livrer un roman original, prenant, émouvant, qui vous secoue et vous donne envie de hurler lorsque vous arrivez dans les dernières pages.
L’auteure emprunte habilement à différents genres et certains romans plus que connus pour nous plonger dans une romance aux accents tragiques digne des plus grands. Car Ivy va s’attacher à Bishop, et inversement. Alors comment le tuer ? Peut-elle dire « non » à sa famille ? Les trahir ?

Honnêtement on ne voit aucune issue pour la jeune fille, elle semble perdante, peu importe son choix. Et ce d’autant plus que sa famille la pousse dans ses retranchements, elle DOIT accomplir sa destinée, ce pourquoi elle a été formée. Il n’y a pas un personnage que j’ai plus détesté que Callie, la sœur d’Ivy, dans ce roman. Emme mérite la mort par lapidation, je la hais, j’ai eu envie de l’étrangler. Dès le début elle ne fait qu’enfoncer sa sœur, lui montrer à quel point c’est elle qui aurait du accomplir cette mission car Ivy n’est que faiblesse comparé à l’âme de tueuse de Callie (qui porte bien son prénom puisque Kali est la déesse hindouiste de la destruction, de la mort et de la délivrance. J’aimerai beaucoup demander à Amy Engel si c’est un hasard…).

En revanche j’ai ressenti un amour profond pour Ivy et Bishop. Leur relation est tellement touchante, on ne peut que les apprécier, avoir envie de les jeter un peu l’un sur l’autre et ressentir un bon milliard de crépitement au bout des doigts lorsque les choses sont un peu électriques entre eux. J’ai adoré les voir s’apprivoiser et commencer à ressentir des choses l’un pour l’autre alors que pour Ivy, rien ne laissait entrapercevoir une telle situation.

Ma copine Emilie de La Bibliothèque aux milles et une vies a dit de Bishop qu’il était le « book boyfriend parfait », et je dois dire que je suis plus que d’accord avec elle. Bishop c’est un petit peu le fantasme ultime, celui qui est romantique et mystérieux à la fois, qui dit des choses que toutes les filles rêvent d’entendre, qu’on a envie de prendre dans ses bras quand il est triste. Bref. J’ai Bishopé grave pendant ma lecture. (Pardon chéri, je t’aime mais Bishop quoi.)
Si Bishop est si touchant c’est parce qu’il n’est pas du tout comme on aurait pu s’y attendre. Il n’a rien du garçon coincé qui dit amen à toutes les idées de son père, bien au contraire, il les remet en question et se rend compte des injustices de la société.
J’ai aussi beaucoup aimé Ivy. C’est un personnage fort, qui sait se remettre en question et évoluer en dehors du joug familial. J’ai apprécié qu’elle ait des doutes sur les motivations de sa famille, qu’elle se pose les bonnes questions et surtout qu’elle se rende compte que les idées de ses proches ne sont pas forcément les siennes.

Amy Engel réussit donc parfaitement à questionner la vraie liberté de pensée, notamment chez des adolescents qui ont assimilés depuis toujours les idées de leurs parents. Ivy n’est jamais vraiment libre dans cette histoire, et quand enfin elle se libère, ce n’est que pour s’approcher un peu plus de la tragédie.
Car The Book of Ivy est bien une tragique histoire d’amour. C’est l’amour qui porte nos héros.
Quant au système dystopique, si on peut le voir presque secondaire, il est bien la raison qui pousse la famille Westfall à vouloir tenter un coup d’état. Les libertés individuelles sont réprimés et les mariages arrangés ne sont que la cristallisation d’un état qui n’autorise aucune forme de rébellion, simplement une confiance totale et aveugle.

Je n’ai plus qu’une chose à dire : la fin m’a tuée. Littéralement. Je me sentais comme ça :

troy-barnes-emotions The Book of Ivy, Tome 1

Et je n’ai plus qu’une hâte, lire le second qui ne sortira qu’en novembre en VO. Et novembre c’est loin. Très loin. Vraiment très très loin.

En Bref :The Book of Ivy est un énorme coup de cœur à ne manquer sous aucun prétexte pour tous les fans de dystopies et / ou d'histoires d'amour. Je n'ai même pas vraiment de mots pour vous dire à quel point j'ai aimé ce roman. C'est un bijou, un bouquin qui va vous laisser comme un petit chien abandonné au bord de la route, seul et déprimé après avoir vécu le bonheur, la joie, la peur et toute une pléiade d'émotions en sa compagnie.
5 / 5 5 / 5

J’ai lu ce livre en LC avec Flora d’Une page s’ouvre et Émilie de La bibliothèque aux milles et une vies. Allez voir leurs avis qui m’ont beaucoup fait rire !

©Chronique écrite par , le 09-04-2015

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AtalanteParole de LéaFloraMallou14 (The Notebook 14)Le Chat du Cheshire Recent comment authors
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Atalante
Atalante

Je lis beaucoup de dystopie (et de plus en plsid e dystopie classique genre Orwell, Bradbury tout ça) Et je n’ai pas trop aimé The book of Ivy, j’ai trouvé justement que la dystopie passait trop en arrière plan et que la romance prenait un peu trop de place, j’ai d’ailleurs préféré le tome 2 où on en apprend un peu plus sur l’univers qui entoure Ivy. Même si l’idée de base était plutôt sympa avec ces deux familles rivales… Read more »

Parole de Léa

J'ai beaucoup aimé ce livre 🙂 ! Ah oui je suis curieuse également de savoir si le prénom Callie est un hasard 🙂

Flora

"J'ai Bishopé grave pendant ma lecture. (Pardon chéri, je t'aime mais Bishop quoi.)" HAHAHAH, CE QUE J'AI RI BON DIEU. Ouais, j'ai grave Bishopé aussi. BISHOP FOREVER.
Bref, ta chronique tue tout.

Mallou14 (The Notebook 14)

J'ai détestée Callie aussi (merci pour la précision de l'origine de ce prénom et en effet, hasard ou pas ? ^^). La fin m'a tuée aussi ! Je l'ai trouvée parfaite pour ce premier tome mais frustrante pour tous les mensonges et les non-dits ^^

Le Chat du Cheshire

Il faut vraiment que je me l'achète !!